Transformation locale du manganèse : l’État et Comilog alignés sur une vision industrielle souveraine

Moanda, juillet 2025. Du 30 juin au 2 juillet, le Ministre de l’Industrie et de la Transformation Locale, Lubin Ntoutoume, a effectué une visite stratégique sur les installations industrielles de la Compagnie Minière de l’Ogooué (Comilog) à Moanda. Une mission de terrain qui s’inscrit dans la volonté affirmée du gouvernement de mettre fin à l’exportation de manganèse brut d’ici 2029, en faveur d’une transformation locale accrue.
État des lieux d’une filière en mutation
Accueilli par Léod Paul Batolo, Administrateur Directeur Général de Comilog, accompagné des responsables de la transformation métallurgique, du développement durable et de la communication, le Ministre est venu évaluer les capacités industrielles existantes et mesurer les efforts de modernisation entrepris.
Deux sites phares ont été visités :
– Le Complexe Industriel de Moanda (CIM), en activité depuis 2000, dédié à la production de manganèse enrichi ;
– Le Complexe Métallurgique de Moanda (CMM), mis en service en 2015, qui permet de transformer le minerai en produits semi-finis à plus forte valeur ajoutée tels que le silicomanganèse et le monoxyde de manganèse.
À ces installations s’ajoutent les laveries modulaires d’Okouma, entrées en service en 2024, qui symbolisent l’ambition de modernisation constante de Comilog. L’ensemble de ces structures mobilise 266 salariés, dont plus de 99 % sont gabonais, un taux qui reflète l’ancrage local de la filière.
Une chaîne de valeur nationale en construction
À l’issue de cette immersion, le Ministre s’est montré confiant dans le potentiel du Gabon à réussir le virage de la transformation industrielle :
« À Moanda, j’ai découvert une chaîne de valeur complète, allant de l’extraction jusqu’à la transformation en produits à haute valeur ajoutée. Je suis reparti profondément convaincu que nous avons les moyens humains et techniques de réussir la souveraineté industrielle que nous appelons de nos vœux. Je salue l’engagement de Comilog, qui non seulement joue le jeu de la transformation locale, mais investit aussi dans des infrastructures sociales utiles à nos populations », a déclaré le ministre Ntoutoume.
Capital humain et infrastructures au cœur du dispositif
La visite a également permis de mettre en lumière l’engagement de Comilog en matière de formation, avec un passage à l’École des Mines et de la Métallurgie de Moanda (E3MG). Créée en partenariat avec l’État, l’E3MG a déjà formé plus de 200 jeunes, avec un taux d’insertion professionnelle de 75 %. Les filières proposées exploitation minière, métallurgie, électromécanique, automatisme sont au cœur des besoins de l’industrialisation gabonaise.
Dernière étape de la mission : Mounana, où un centre de contrôle technique et de délivrance de permis G est en cours de finalisation. Ce projet, soutenu par Comilog et piloté par l’État, sera livré dans deux mois. Il vise à stimuler l’économie locale et à renforcer l’employabilité dans la région.
Une convergence stratégique entre l’État et l’industrie
Cette visite a illustré une dynamique de partenariat public-privé cohérente, dans laquelle l’État impulse une vision stratégique, tandis que les entreprises structurantes comme Comilog y répondent par des investissements concrets et durables.
Dans la perspective de l’échéance 2029, l’enjeu est double : créer davantage de valeur localement, tout en renforçant la souveraineté industrielle du Gabon. La visite du Ministre à Moanda apparaît comme un jalon important de cette ambition collective.
La transformation locale n’est plus une option, mais une nécessité stratégique. À Moanda, l’industrie gabonaise esquisse les contours d’un modèle productif tourné vers l’avenir et ancré dans le territoire.
Justin Mbatchi