Sécurité ferroviaire : l’ARTF et la SETRAG unies pour protéger les riverains du Transgabonais

Ntoum, le 21 août 2025. La sécurité le long du Transgabonais, unique ligne de chemin de fer du pays, est au cœur d’une nouvelle initiative conjointe entre l’Autorité de Régulation des Transports Ferroviaires (ARTF) et la Société d’Exploitation du Transgabonais (SETRAG). Depuis le 11 août, une vaste campagne de sensibilisation sillonne les localités traversées par la voie ferrée, avec pour objectif de réduire durablement les accidents qui endeuillent régulièrement les familles riveraines.
Une campagne progressive et de proximité
La première étape, qui a conduit les équipes de Owendo à Ntoum, a permis d’échanger directement avec les populations installées à proximité des rails. Les prochaines phases s’étendront jusqu’au Moyen-Ogooué, puis vers Franceville d’ici décembre. À l’issue de la campagne, un rapport consolidé servira de base à l’État pour envisager d’éventuelles mesures structurelles, parmi lesquelles le déplacement d’habitations situées trop près de la voie.
Un rappel du cadre légal
Dans ses interventions, le Directeur des Affaires juridiques et réglementaires de l’ARTF, M. Bengang Yannick Roger, a tenu à rappeler le cadre réglementaire clair qui régit l’occupation du domaine ferroviaire : la zone de sécurité s’étend sur 15 mètres à partir du rail extérieur, avec une marge supplémentaire de 5 mètres. Au-delà de 20 mètres et uniquement avec l’autorisation expresse de la SETRAG, des constructions peuvent être envisagées. Le domaine ferroviaire, quant à lui, s’étend jusqu’à 40 mètres de part et d’autre de la voie.
Sensibiliser plutôt que sanctionner
Pour les équipes de la SETRAG, la pédagogie reste la clé. « Notre mission est de sauver des vies et de préserver la sécurité autour du chemin de fer », a résumé M. Ollomo Givens Stevy, animateur en relations communautaires. Les messages adressés aux habitants sont simples : maintenir une distance minimale de 1,50 mètre des rails lors du passage des trains, éviter tout dépôt d’ordures ou installation de commerces dans la zone de sécurité, et respecter les distances réglementaires pour les constructions.
La parole aux habitants
Du côté des riverains, la campagne est perçue comme une initiative utile et attendue. « Ce projet est indispensable car ce sont nos proches qui sont les premières victimes des accidents », témoigne Mme Moupaka Félicité, habitante de Ntoum. Elle appelle toutefois à une communication continue afin que les familles concernées ne découvrent pas les mesures au dernier moment.
Une responsabilité partagée
L’ARTF et la SETRAG insistent sur le caractère collectif de cette démarche. Si la sensibilisation constitue l’étape prioritaire, la responsabilité de l’État demeure essentielle pour garantir une application rigoureuse de la réglementation et accompagner les populations concernées. « La campagne se déroule bien, les riverains sont réceptifs. Après cette phase, un rapport permettra aux plus hautes autorités de décider des suites à donner », a souligné M. Bengang.
Préserver des vies, une priorité nationale
Au-delà des chiffres et des règles, cette campagne s’inscrit dans une dynamique humaine : protéger des vies, prévenir les drames et renforcer la sécurité autour d’un axe ferroviaire vital pour le pays. Les autorités appellent ainsi chaque riverain à faire preuve de responsabilité en respectant les consignes. Car la sécurité du Transgabonais, rappellent l’ARTF et la SETRAG, est avant tout une affaire de vigilance collective.
Justin Mbatchi