Risques de pénuries dans le Haut-Ogooué-Lolo : Le gouvernement rattrapé par l’échec de la route

 Risques de pénuries dans le Haut-Ogooué-Lolo : Le gouvernement rattrapé par l’échec de la route

Seules provinces desservies uniquement par train, le Haut-Ogooué et l’Ogooué-Lolo (sud du Gabon) qui connaissent déjà des pénuries en gaz butane, sont désormais coupées du reste du pays, après l’interruption du trafic ferroviaire, suite à un éboulement survenu le 24 décembre dernier entre les gares d’Ofoue et de Boué dans l’Ogooué-Ivindo. Un enclavement de fait qui illustre l’échec de la politique routière du gouvernement gabonais, quoique ce dernier, sans triomphe modeste, s’en vante ostensiblement.

C’est un constat accablant. Sans train, c’est la croix et la bannière pour rallier les provinces sud de l’Ogooué-Lolo et du Haut-Ogooué. Et pour cause, les trois voies routières qui auraient pu permettre d’y accéder, demeurent, à ce jour, impraticables pour les voitures et camions assurant le transport des marchandises, et même des personnes. Qu’il s’agisse de l’axe Ovan-Bouée-Makokou, de celui de la Lopé-Lastrouville ou de Mouila-Mimongo-Koulamoutou, les coupures et bourbiers qui constituent le calvaire des conducteurs sur ces routes de l’enfer, ont fini par achever leur bravoure de routiers.

Conséquence, à Franceville comme à Koulamoutou, capitales provinciales du Haut-Ogooué et de l’Ogooué-Lolo, le quotidien des populations rime régulièrement avec des pénuries de tout genre, surtout en matière des produits de consommation courante tels que le Gaz qui manque déjà à Franceville depuis de longues semaines. Même chose pour le matériel de construction dont les coûts deviennent chaque jour hors de portée. À titre d’exemple, un sac de ciment à Libreville la capitale du pays coûte 5 000, quand un habitant de Franceville doit débourser au moins  7 000 pour l’acheter.

La situation est encore plus accablante dans les départements éloignés de ces capitales provinciales.

Des routes hors d’usage

En cause, le manque d’un réseau routier national praticable en toutes saisons, toutes les routes ou presque étant restées au stade de latérite marquée par des crevasses et autres bourbiers qui s’aggravent à la moindre pluie, rendant ainsi impossible, le trafic sur ces routes. C’est le cas notamment de l’axe Ovan-Bouée-Makokou qui est devenu un vrai supplice pour les voyageurs obligés de descendre à chaque fois pour pousser leurs véhicules embourbés pour un voyage de plusieurs jours avant d’arriver à destination.

La souffrance est encore intenable pour les conducteurs de marchandises qui passent souvent des semaines avec leurs camions bloqués en pleine forêt, avec des tonnes de produits pendant qu’à Koulamoutou, à Lastoursville, à Iboundji, à Moanda, à Franceville ou à Leconi, des pénuries s’enchaînent sur le marché, entraînant ainsi leur lot de flambée des prix.

L’insouciance du gouvernement ?

Alors que le président Ali Bongo se satisfaisait, lors de son discours à la nation du 17 août 2022 d’avoir réhabilité 20 km de route à Libreville, cette coupure de la voie ferrée, l’unique voie d’accès aux provinces sud-est vient lui rappeler la réalité de la route au Gabon. Une route dont l’état exécrable impacte négativement le quotidien des Gabonais de ces localités qui en paient le lourd tribut. Malheureusement pour eux, le calvaire n’est pas prêt de prendre fin. Puisque la Transgabonaise, cette route longue de 780 km qui doit traverser le pays du nord-ouest au sud-est n’est encore qu’au stade embryonnaire, avec environ 20 à 25 % d’exécution des travaux lancés en 2019. Et dire que ce chantier inscrit dans le plan d’accélération de la transformation sera livré cette année 2023, les doutes demeurent. Car 62 ans après son indépendance, le Gabon, pays à revenus intermédiaires tranche supérieure, qui exploite le pétrole, l’or, le manganèse, le bois et bientôt le fer, peine encore à construire des routes pourtant tracées depuis des décennies pour ne pas dire des siècles.

CNN

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