Politique/Le coup K.O du PDG : gare au triomphalisme avant l’heure

 Politique/Le coup K.O du PDG : gare au triomphalisme avant l’heure

Lors de son discours dimanche 2 avril, à l’occasion du 55e anniversaire du parti démocratique gabonais, le président Ali Bongo Ondimba a appelé à une victoire du PDG par coup KO à la présidentielle de cette année. Un appel qui sonne comme un triomphalisme avant l’heure, quand on se rappelle les victoires douloureuses du parti au pouvoir ces 14 dernières années, les Gabonais votant majoritairement pour l’opposition.

 

41,73 % contre 59,17 % pour toute l’opposition en 2009, 49,80 % contre seulement 48,23 % pour son rival Jean Ping en 2016. Les résultats des deux dernières élections présidentielles auxquelles a participé le président Ali Bongo Ondimba, sous la bannière du PDG montre une nette dilution des scores à la Soviétique engrangés en son temps par son prédécesseur, Omar Bongo Ondimba. Même au plus fort de la première élection pluraliste de décembre 1993, jamais pareils scores n’avaient été enregistrés par le parti démocratique gabonais au pouvoir qu’Ali Bongo Ondimba qualifie à tort ou à raison de plus grande formation politique du Gabon. Cette dilution comporte un message que certains Pdgistes, par excès de confiance ou par déni de réalité, refusent d’admettre : la lassitude et le besoin d’alternance des Gabonais qui votent toujours majoritairement pour l’opposition.

Ce qui explique sans doute la crainte et le refus pour le camp du pouvoir d’organiser une élection présidentielle à deux tours. Conscients qu’une telle élection aurait permis un regroupement fatal de l’opposition au second tour, les tenants du pouvoir ont profité de la concertation politique boycottée par de nombreux partis prétendus d’opposition pour supprimer cette disposition, avant même qu’elle n’ait été expérimentée à une élection présidentielle, prétextant ainsi des contraintes logistiques insurmontables.

Que le président Ali Bongo Ondimba se réjouisse de ce recul comme une avancée démocratique, en promettant par la même occasion un coup KO, des doutes demeurent quant à la capacité réelle du PDG d’assurer encore une victoire sans bavure, même dans un système d’élection à un seul tour. Car au-delà d’une hégémonie apparente, attribuée notamment au retour en grâce d’anciens cadres démissionnaires, le parti démocratique gabonais semble à un géant aux pieds d’argile. On ne peut pas asseoir la solidité d’un parti politique sur le seul retour des transfuges dont la représentativité déjà pressée comme une orange, interroge sur ce qu’il reste réellement de leur capacité à mobiliser encore pour un PDG et un Ali Bongo Ondimba qu’ils ont pourtant vilipendés et salis à souhait.

Surtout quand on ignore si ces mêmes enfants prodigues n’ont pas été chargés d’une mission de sabotage interne, à défaut d’avoir vaincu la « bête » de l’extérieur. Un scénario qui devrait amener le PDG à se tenir sur la réserve de son optimisme béat. Car même si, à l’évidence, l’opposition semble encore imprécise, le vote se jouant dans les urnes, il serait illusoire de penser que le besoin d’alternance exprimé en 2009 et 2016, avec le même candidat du PDG s’est subitement volatilisé par ce calme apparent qui pourrait encore surprendre le moment venu.

 

CNN

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