Gabon : Plaintes contre Ali Bongo et associés pour corruption et détournement de fonds publics

Libreville, le jeudi 23 mai 2024– Plusieurs organisations de la société civile gabonaise, dont le Réseau des Organisations Libres de la Société Civile pour la Bonne Gouvernance au Gabon (ROLBG), COPIL CITOYEN et l’ONG ASCORIM, ont déposé une plainte auprès du Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Libreville. Les plaignants accusent « Ali Bongo Ondimba, ancien président du Gabon, et plusieurs de ses proches, dont Mohammed Nour-ed-din Edouard Bongo Valentin, Gagan Gupta, Léa Bongo Valentin, Sylvie Aimée Valentin, et Mohamed Ali Saliou, de divers crimes financiers.»
Les accusations portent sur des faits présumés de corruption active et passive, blanchiment de capitaux, détournement de deniers publics, enrichissement illicite, acquisition de biens mal acquis et faux et usage de faux. Selon les plaignants, ces infractions auraient été commises avec l’implication de structures comme la Fondation Sylvia Bongo Ondimba, Gabon Oil Company (GOC), Africa Transformation and Industrialization Fund (ATIF), et plusieurs autres entités. Ces organisations auraient bénéficié de fonds publics détournés durant les deux mandats d’Ali Bongo Ondimba, principalement entre 2019 et 2023.
La plainte souligne que Sylvie Aimée Valentin, épouse d’Ali Bongo Ondimba, et ses alliés auraient été impliqués dans des détournements de fonds publics et des acquisitions frauduleuses de biens immobiliers au Gabon et à l’étranger, notamment à Londres, au Maroc et à Dubaï. Les organisations de la société civile accusent également ces individus d’avoir contribué à la faillite de plusieurs structures publiques gabonaises, aggravant la situation économique du pays.
Les plaignants s’appuient sur plusieurs textes juridiques pour justifier leur démarche, notamment la Convention des Nations Unies contre la Corruption, la Convention Africaine de Lutte Contre la Corruption de Maputo, et le Règlement CEMAC-UMAC contre la criminalité financière et le financement du terrorisme. Ils soulignent le rôle crucial de la société civile dans la lutte contre la corruption, en tant qu’acteur indépendant surveillant les actions du gouvernement et des entreprises privées, et en tant que porte-parole de l’opinion publique.
En déposant cette plainte, les organisations de la société civile gabonaise demandent au tribunal de :
Accepter leur constitution de partie civile ;
Retenir les faits présumés de crimes et délits financiers contre Ali Bongo Ondimba et ses associés ;
Ordonner la confiscation et le gel de leurs avoirs financiers et la restitution des fonds détournés ;
Condamner les accusés à payer la somme de 4000 milliards de FCFA en dommages et intérêts à l’État gabonais ;
Saisir les juridictions internationales en cas d’inaction des tribunaux nationaux.
Les plaignants appellent à une justice républicaine et à la mise en œuvre d’enquêtes approfondies, tant au Gabon qu’à l’étranger, pour établir clairement les responsabilités et récupérer les fonds présumés détournés. Ils soulignent également l’implication de Gagan Gupta dans ces supposés crimes financiers, notamment dans l’acquisition de la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) et la gestion de SOTRADER.
Cette plainte reflète les attentes profondes des populations gabonaises, qui espèrent voir la justice faire son travail et mettre fin à l’impunité des crimes financiers si jamais c’est le cas.
Justin Mbatchi