Nouvelle Constitution : les Démocrates, de la compromission à la gêne

 Nouvelle Constitution : les Démocrates, de la compromission à la gêne

Que ce soit lors de la première adoption à l’Assemblée nationale, ou pendant le vote du parlement en congrès le 6 avril dernier, le principal Parti d’opposition au palais Léon Mba, Les Démocrates a refusé de voter le projet de la nouvelle constitution, bien qu’il ait contribué à l’élaboration de ce texte par sa participation à la concertation politique de février dernier.

Ce retournement de veste est sans doute consécutif au tollé suscité par les résolutions jugées très décevantes de la concertation politique organisée du 13 au 23 février dernier, entre la majorité et une partie de l’opposition. Après s’être réjouis de n’avoir pas perdu leur temps à cette concertation décriée de toutes parts, les députés et sénateurs du parti d’opposition, Les Démocrates ont refusé de voter le projet de nouvelle Constitution initié par le gouvernement, sur la base des conclusions pourtant approuvées par eux à cette rencontre.

Manifestement, les critiques acerbes de l’autre partie de l’opposition qui dénonce un recul démocratique auront fini par convaincre le groupe parlementaire, Les Démocrates à l’Assemblée nationale et au sénat à prendre conscience de l’ampleur de la « bêtise » par lui commise à travers la participation de son parti à cette concertation politique.

Et ce d’autant « qu’aucune des résolutions prises à cette rencontre, et instaurées dans la nouvelle Constitution ne favorise en rien l’organisation d’élections aux lendemains apaisés ». Au contraire, le retour à une élection à un seul tour, ou encore la réduction de la durée du mandat présidentiel de 7 à 5 ans sont considérés comme « des stratagèmes au bénéfice du seul régime en place », et dont le dogme fondamental est de toujours chercher à se maintenir au pouvoir sous le paravent de la concertation politique.

Aucune des questions traitant de la transparence électorale comme la biométrisation du processus, le convoyage par voie électronique des résultats ou encore le procès-verbal vidéo ne figurent dans la nouvelle Constitution votée jeudi 6 avril par le Parlement réuni en congrès.

La désillusion

En gros, tout bien pesé, la concertation politique n’aura tourné qu’au seul avantage du pouvoir, qui l’a utilisée comme prétexte pour changer les règles du jeu en pleine année électorale. Et il est désormais évident que pour avoir accepté de prendre part à cette messe dont les conditions préalables d’organisation étaient déjà sabotées dès le départ, les opposants qui y ont participé ont semble-t-il été pris au « piège de leur naïveté ». Tout cela avec le sentiment d’avoir été floué.

Pour l’avoir compris, trop tard, Les Démocrates ont finalement décidé de tourner le dos à ces résolutions qu’eux-mêmes avaient pourtant approuvées. La désillusion était bien visible sur le visage de Séraphin Akuré-Davain qui, d’une voix accablée, s’est lancé dans une longue énumération de « bons offices » que doit réaliser le Premier ministre,  Alain-Claude Bilie-By-Nze en faveur des résolutions de l’opposition, la nouvelle loi fondamentale n’ayant retenu que celles du pouvoir. De quoi donner du grain à moudre au chef du gouvernement gabonais. Lequel, tel dans une réponse du berger à la bergère, dénonce lui, le manque de courage du président du groupe parlementaire, Les Démocrates, qui a appelé à ne pas voter cette révision constitutionnelle, soulignant au passage les critiques de ses camarades de l’opposition qui le ciblent particulièrement.

Finalement, tel un Albatros échoué au sol, vomi et ostracisé par ses pairs,  « floué et délaissé par le pouvoir », après l’avoir pressé comme une orange, le président du groupe parlementaire, Les Démocrates, Séraphin Akure Davain, en sort largement battu et perdant sur toute la ligne. Réussira-t-il à remonter la pente de cet abysse ? Rien n’est moins sûr désormais au regard de la gravité de la déchéance. Quel triste sort pour un parlementaire qui s’était pourtant forgé depuis 4 ans, une solide réputation pour ses critiques sans concession des politiques gouvernementales au palais Léon Mba ! Ainsi va la politique des compromissions.

 

CNN

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