Le Rassemblement des Bâtisseurs à l’épreuve de ses contradictions internes

Né pour porter la candidature de Brice Clotaire Oligui Nguema à la magistrature suprême, le Rassemblement des Bâtisseurs (RDB) traverse ses premières turbulences. À peine lancé, le mouvement est déjà le théâtre d’importantes dissensions internes, révélatrices d’une fragilité organisationnelle et d’un manque de coordination stratégique.
Le 14 avril, Me Anges Kevin Nzigou, Coordinateur général, annonce la transformation du RDB en parti politique. L’initiative, perçue comme une tentative de structuration démocratique, suscite une levée de boucliers, notamment de la part de Justine Judith Lekogo, proche du chef de l’État. Celle-ci conteste la légitimité de la décision et affirme que Me Nzigou n’est pas à l’origine du mouvement.
Derrière ce différend, deux lignes semblent s’affronter : celle d’un leadership qui souhaite aller vite vers la formalisation politique, et celle d’une aile plus prudente, attachée à une approche plus concertée et alignée avec les intentions du président.
Les réactions sont nombreuses. Tandis que les soutiens de Me Nzigou poursuivent les démarches d’adhésion dès le 15 avril, d’autres, à l’instar de Justine Lekogo, annoncent la suspension des activités du mouvement, y compris son Assemblée générale constitutive.
Dans ce climat tendu, la voix de Parfait Moubamba, observateur averti, appelle à la retenue, dénonçant une « dérive juvénile » qui rappelle certains travers du passé politique gabonais.
Ces tensions interrogent : le RDB peut-il tenir son rôle sans une clarification de son organigramme, de son mandat et de son lien avec la présidence ? Plus largement, elles soulèvent des doutes sur la capacité du nouveau pouvoir à construire une coalition cohérente et durable.
Le défi, désormais, est celui de la structuration. Et de la maturité politique.
Justin Mbatchi