Le PDG : les signes de la fin ?

 Le PDG : les signes de la fin ?

Depuis la destitution du régime d’Ali Bongo et sa Young team, le parti démocratique gabonais, qui a dirigé le Gabon pendant 56 ans, est entré lui aussi dans une phase d’incertitudes.  Avec la plupart de ses décideurs en prison ou assignés à résidence, des cotisations qui se raréfient, des dissensions et des transfuges au profit des militaires au pouvoir, le PDG vit certainement ces derniers jours avant la fin des haricots.

 

Même si le secrétaire général par intérim, Luc Oyoubi, se veut optimiste pour l’avenir du PDG, le parti démocratique gabonais est entré dans une phase d’incertitudes depuis la destitution du régime d’Ali Bongo le 30 août 2023. Incertitudes alimentées et amplifiées entre autres par des prises de position diverses, la fameuse discipline, ce maître-mot qui a toujours forgé les esprits dans la peur ayant volé en éclats. Ajoutez à cela, les défections et les appels du pied au profit du Général Brice Clotaire Oligui Nguema, le nouveau patron du palais du bord de mer, et la raréfaction des cotisations des militants, dont Dieu seul sait combien il en reste encore aujourd’hui, vu la tournure des événements. 

Le point d’orgue de cette crise a été la grève en décembre dernier des employés du parti au siège du PDG à Louis dans la capitale Libreville. Une grève lancée pour réclamer le paiement des mois d’arriérés de salaire. Autant de signes de craquements qui n’augurent rien de bon pour le parti démocratique gabonais qui, après plus d’un demi-siècle au pouvoir au Gabon, vit certainement ces derniers temps avant la fin des haricots. Surtout avec son président, Ali Bongo hors de cause et dont on imagine mal qu’il lâchera les rênes si facilement, malgré son état physique diminué par la maladie. D’ailleurs, Luc Oyoubi lui-même, largement contesté au sein du parti, affirme que des courriers envoyés à l’ex-Chef d’État sont restés jusqu’ici lettre morte. 

Désormais sans président au pouvoir pour canaliser les intérêts personnels de ses cadres à travers des nominations, le PDG navigue à vue, tel un navire sans capitaine et dont le naufrage ne semble plus qu’une question de temps. Et ceci malgré les tentatives de sauvetage de Luc Oyoubi, qui multiplient des réunions avec les responsables des différentes provinces. Mais tout cela semble un Baroud d’honneur au regard du contexte qui joue désormais en faveur de la recomposition du paysage politique, avec en perspective, une  » éventuelle candidature d’Oligui Nguema qui, intérêts personnels obligent, pourrait sans doute bouleverser les équilibres des partis traditionnels », lors de la présidentielle d’août 2025, un peu comme l’a fait Macron en 2017 en France. Dans cette logique, même le congrès du PDG qui doit aboutir à la redéfinition de la direction du parti ne devrait pas changer grand-chose.  Comme tous les autres partis politiques qui disparaissent avec la mort ou la déchéance de leurs présidents au Gabon et un peu partout en Afrique, le PDG ne devrait pas, lui aussi, survivre à ce destin funeste.

 

 

Ndesali Komeni

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