Journée Économique 2024 : Un pas vers la dynamisation des filières pêche et tourisme

 Journée Économique 2024 : Un pas vers la dynamisation des filières pêche et tourisme

Le vendredi 20 décembre 2024, Libreville a accueilli la deuxième édition de la Journée Économique, placée sous le thème : « Diagnostiquer et proposer une approche d’accroissement de la contribution des filières pêche et tourisme ». Cet événement, présidé par le Ministre de l’Économie et des Participations, Mays Mouissi, a rassemblé des experts, opérateurs économiques et représentants gouvernementaux pour échanger sur les enjeux liés à ces deux secteurs stratégiques.

Une ouverture axée sur la réflexion

Dans son discours d’ouverture, le ministre a souligné l’importance des filières pêche et tourisme pour la diversification économique du Gabon. En dépit d’un potentiel significatif – 800 km de côtes, des réserves halieutiques abondantes, 13 parcs nationaux et une richesse culturelle unique –, ces secteurs peinent à décoller. Mouissi a invité les participants à faire de cette journée un cadre de réflexion et de partage d’expériences pour relever les défis identifiés.

Jean-Baptiste Ngolo Allini, Directeur Général de l’Économie et de la Politique Fiscale, a également mis l’accent sur la nécessité d’exploiter pleinement les atouts naturels et culturels du Gabon. « Nous devons ensemble, administrations et opérateurs économiques, lever les obstacles freinant le développement de ces filières », a-t-il affirmé.

Diagnostic des filières : défis et opportunités

Les panels et ateliers ont permis de dresser un état des lieux clair. La filière pêche, principalement artisanale, représente 0,14 % du PIB en 2023, bien en dessous de son potentiel. Malgré une production halieutique de 28 000 tonnes en 2022, le Gabon importe massivement pour satisfaire la demande locale. Les infrastructures insuffisantes, l’absence de régulation claire et le manque de formation des pêcheurs constituent autant d’obstacles à surmonter.

Côté tourisme, la situation est similaire. Malgré des atouts indéniables, sa contribution au PIB reste faible, autour de 2,4 % en 2023. Le manque d’infrastructures modernes, l’insuffisance de promotion et la faible culture touristique freinent son essor.

Recommandations concrètes

Les participants ont formulé des propositions ambitieuses pour transformer ces secteurs en piliers de croissance économique :

Infrastructures : Construction de ports de pêche modernes, amélioration des hébergements touristiques et développement des pistes touristiques.

Régulation : Révision des cadres juridiques pour faciliter les investissements, finalisation du Code du tourisme et renforcement des moyens administratifs.

Formation et sensibilisation : Programmes éducatifs pour les pêcheurs et professionnels du tourisme, et initiatives pour encourager les Gabonais à voyager localement.

Partenariats : Collaboration renforcée entre institutions publiques et privées, notamment l’Office du Tourisme et les parcs nationaux.

Une vision ambitieuse pour 2030

Dans le cadre du Plan National de Développement de la Transition (PNDT), le Gabon vise à accueillir 600 000 touristes à l’horizon 2029 et à porter la contribution du tourisme au PIB à 10 % d’ici 2030. Ces objectifs reflètent une volonté de diversifier l’économie, actuellement dominée par le secteur extractif.

En définitive, cette journée a marqué une étape clé dans la mobilisation des acteurs autour de ces enjeux. Les propositions issues des discussions devront maintenant être traduites en actions concrètes pour concrétiser cette ambition commune.

 

Par Justin Mbatchi 

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