IMCCC 2025 : Un dialogue essentiel sur la liberté de conscience et les aumôneries militaires

L’édition 2025 de l’IMCCC (International Military Chief Chaplains’ Conference), qui s’est tenue du 25 au 30 janvier à Bruxelles, en Belgique, a marqué un temps fort dans la réflexion sur la liberté de pensée, de conscience et de religion en Europe et au-delà. Ce grand rendez-vous, qui en est à sa 36ᵉ édition, a rassemblé des aumôniers militaires en chef venus d’une quarantaine de pays, représentant diverses obédiences : catholiques, protestants, musulmans, orthodoxes, humanistes, sionistes pour ne citer que celles-là, ainsi que des personnalités de haut niveau issues de l’ONU, de l’OSCE-ODIHR, de l’OTAN et de la Commission européenne. L’événement témoigne ainsi de l’importance croissante du dialogue interconfessionnel dans les sphères militaires et diplomatiques.
Un programme riche en échanges et en enseignements
Le thème central de cette édition de l’IMCCC était « La Paix Globale », un sujet essentiel dans un monde marqué par des tensions géopolitiques et des défis sécuritaires croissants. Les discussions ont notamment mis en lumière le rôle des aumôneries militaires dans le maintien de la cohésion et de la résilience au sein des forces armées.
Les échanges de la matinée ont été particulièrement enrichissants, avec une présentation du programme EMOUNA, reconnu comme l’une des pratiques éducatives en matière de pluralisme religieux. Un autre moment clé a été la restitution des travaux issus d’un événement parallèle sur les recherches en aumônerie militaire, organisé la veille. Ces contributions ont permis de mieux cerner les défis et opportunités liés à la coexistence des croyances au sein des armées modernes.
Un des moments forts de la conférence a été une cérémonie de la paix organisée dans une église catholique belge. À cette occasion, tous les aumôniers en chef des pays invités ont été conviés à allumer une bougie en signe de paix. Le Révérend Pasteur Ikapi Abraham, Aumônier Militaire en Chef du Gabon, a partagé son impression sur cet instant symbolique :
«Les choses se sont bien passées, et il y a eu un moment très important à souligner. Dans une église catholique, tous les aumôniers des pays invités, ainsi que ceux de Belgique, ont été invités à allumer une bougie en l’honneur de la paix. Je me suis également levé pour y participer, un geste fort qui traduit l’unité et la fraternité dans notre mission.»
Par ailleurs, les participants ont effectué un pèlerinage à Ypres, une ville située à deux heures de Bruxelles, où une cérémonie de recueillement a été organisée en hommage aux soldats morts au combat. Ce moment de commémoration a rappelé l’importance du devoir de mémoire et du rôle des aumôniers militaires dans l’accompagnement spirituel des troupes en période de conflit.
Une clôture marquée par l’histoire et la vision stratégique
L’IMCCC 2025 s’est achevé sur une note à la fois historique et prospective. Une exposition a retracé le rôle des aumôneries militaires pendant la guerre froide, offrant un éclairage sur leur évolution et leur impact dans des contextes de tensions internationales. La soirée de gala, organisée au prestigieux Palais d’Egmont, a constitué le point d’orgue de l’événement.
Le discours principal a été prononcé par le Lieutenant-Général (retraité) Ir Marc Thys, qui a partagé sa vision du maintien de la paix en temps de guerre, en s’appuyant sur son ouvrage Winning Peace in Times of War, dont la sortie est prévue en février.
Une participation gabonaise remarquée
Le Gabon a été représenté par l’Aumônier Militaire en Chef Ikapi Abraham, issu du culte protestant et pentecôtiste, ainsi que par Maître Diallo de l’ambassade des États-Unis au Gabon, présent pour assurer la traduction et apporter un soutien à l’aumônier en chef.
L’organisation de la conférence était placée sous la responsabilité du Colonel Jonathan Bell. À son côté le Colonel Karen Meeker, qui supervise l’aumônerie militaire au sein du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM) a dirigé les travaux pour la zone « Afrique », dont elle a la charge. Ce 36ᵉ sommet de l’IMCCC a une fois de plus démontré que la liberté de conscience et le dialogue interconfessionnel ne sont pas de simples principes abstraits, mais des piliers essentiels pour la cohésion et la résilience des institutions militaires modernes.
Justin Mbatchi