[Gabon]Présidentielle 2023 : vers le remake Jean Ping vs Ali Bongo ?

 [Gabon]Présidentielle 2023 : vers le remake Jean Ping vs Ali Bongo ?

Tout porte désormais à croire que les deux adversaires inconciliables de 2016, pourraient de nouveau s’affronter dans les urnes à la présidentielle de l’année prochaine.  Car dans leurs discours à la nation à l’occasion des 62 ans de l’indépendance du Gabon, les deux hommes ont chacun fait allusion à leurs candidatures en 2023.

Si dans son discours à la nation, Ali Bongo Ondimba a dit nourrir encore de grandes ambitions dans les mois et années à venir pour le Gabon, dans celui de Jean Ping, l’opposant lui promet qu’il ne courbera pas l’échine dans son combat de libération du Gabon. Parlant de l’échéance de 2023, Jean Ping pour qui, « il faut tourner le dos au passé », c’est-à-dire au rêve brisé de 2016, a, dans son discours, annoncé qu’il mènerait des consultations le moment venu quoique cela lui en coûte. Une façon d’afficher sa détermination de se porter à nouveau candidat au scrutin de l’année prochaine, même si tout porte à croire que la configuration de 2023 n’étant plus celle de 2016, il lui sera difficile de réussir à rassembler encore toute l’opposition derrière lui.

Mais toujours est-il que même avec une opposition en rang dispersé, avec l’ancien président de la commission de l’Union africaine dans la course, pour un scrutin cette fois à deux tours, le pouvoir peut être contraint à un deuxième round déterminant pour la suite du scrutin.

Car malgré les défections dans la coalition de l’opposition pour une nouvelle République (défections avant tout personnelles et non pas nécessairement adhésives), Jean Ping  reste à ce jour, aux yeux des Gabonais mus par un besoin d’alternance, le seul opposant crédible qui est resté droit dans ses bottes, face aux sirènes du régime en place qui multiplie des débauchages dans les chapelles de l’opposition contre des postes de nomination. L’objectif étant de montrer qu’il y a une adhésion massive des personnalités politiques à l’action du président Ali Bongo Ondimba, tout le monde voulant s’asseoir à la table de la mangeoire.

Peut-être que ceux qui s’emploient dans l’ombre à faire croire au Chef de l’État, un soutien massif à sa politique devraient revoir la sociologie de l’électorat gabonais à l’élection présidentielle. Un électorat qui, depuis 1993, vote massivement pour l’alternance, mise à part la parenthèse de 2005 où le défunt président Omar Bongo l’avait largement remporté (à la régulière selon des observateurs).

Ce besoin d’alternance a largement pris de l’ampleur avec les deux dernières élections de 2009 et 2016 où le candidat du pouvoir, quoique déclaré vainqueur par les institutions, n’a jamais atteint ne serait-ce que la barre de 50 % comme l’exigent les fonctionnalités d’une démocratie sincère. En 2016 par exemple, cette victoire était de 49 % pour Ali Bongo contre 48 % pour Jean Ping. Ça s’est donc joué sur le fil.

Une victoire au forceps qui pourrait se rejouer l’année prochaine pour l’un ou pour l’autre candidat, surtout avec le spectre du second tour.

C’est dire que ceux qui avaient vite fait d’enterrer l’opposition avec l’ostracisme de Jean Ping, devraient certainement revoir leurs calculs pour 2023.

CNN

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