[Gabon]Présidentielle 2023 : Maganga Moussavou, une candidature de trop ?

 [Gabon]Présidentielle 2023 : Maganga Moussavou, une candidature de trop ?

Avec son investiture la semaine dernière comme candidat du PSD à la présidentielle de 2023, Pierre Claver Maganga Moussavou est à sa quatrième candidature depuis 1993, date de la première élection pluraliste au Gabon. Malgré des scores qui ne dépassent parfois pas 1 % des suffrages, ce vétéran de la politique gabonaise ne semble pas encore prêt à passer le témoin.

La foi du charbonnier, c’est ce qui semble animer le président du parti social démocrate, Pierre Claver Maganga Moussavou, qui depuis 1993 n’a jamais véritablement pesé dans les résultats des différentes élections présidentielles auxquelles il s’est jusque-là présenté.

Malgré des scores peu honorables qui tournent souvent autour de 1 %, l’homme ne compte pas se résoudre à l’évidence d’une « malédiction présidentielle » qui lui colle à la peau depuis trente ans.

Pourtant, à y regarder de près, son projet de société pertinent s’articule autour de la provincialisation qu’il défend comme un moteur de développement local du Gabon. Une stratégie de développement impulsée par la décentralisation et pensée pour lutter aussi contre l’exode rural qui appauvrit les localités de l’intérieur du pays au profit de la seule capitale Libreville, avec toutes les conséquences du grand banditisme, et de la cherté de la vie qui rythment le quotidien des populations de cette métropole.

À cela, s’ajoute le statut de l’enseignant dont il veut revaloriser le salaire, afin que celui-ci soit parmi les salariés les mieux payés de l’État.

Autant d’idées pertinentes, mais qui n’ont jamais garanti la victoire, encore moins un score honorable à Maganga Moussavou. Lequel apparaît désormais comme un homme incompris.

L’instabilité politique

La cause de cette marginalisation est sans doute à chercher dans ses prises de position qui rendent flou son véritable positionnement. Car tantôt, dans l’opposition, tantôt au gouvernement, Pierre Claver Maganga Moussavou a fini par laisser germer dans la tête des Gabonais, l’image d’un leader instable, capable de rouler pour tel ou tel camp, lorsque ses intérêts personnels sont en jeu.

En cela, il est donc vu à la fois comme comptable des échecs de l’opposition dont il n’a jamais appuyé la stratégie d’une candidature unique, mais aussi responsable du sous-développement du Gabon pour avoir été ministre et Vice-président de la République au côté du pouvoir. Une posture équilibriste qui l’éloigne, échéance après échéance, du rêve présidentiel.

Peut-être n’est-il pas temps de rompre avec l’idée de candidat naturel du PSD, en promouvant une candidature autre que celle du patronyme Maganga Moussavou, pour espérer voir le parti social démocrate parvenir un jour au pouvoir ? Dans le cas contraire, pour beaucoup des Gabonais, cette énième candidature ne sera que de trop, voire même inutile tant qu’elle n’aura d’autres effets que de créer une dispersion des voix de l’opposition au bénéfice du candidat du pouvoir.

CNN

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