[Gabon]Présidentielle 2023 : la mission messianique de Bertrand Zibi Abeghe
Il veut « arracher le Gabon aux mains du diable ». C’est ce qu’il a dit ce mercredi 21 septembre lors d’une rencontre à Libreville avec Alexandre Barro Chambrier, le président du Rassemblement pour la Patrie et la Modernité. Depuis sa sortie de prison le 13 septembre dernier, l’opposant le plus populaire de ces dernières années, Bertrand Zibi Abeghe multiplie de contacts avec les leaders politiques de l’opposition, afin de leur expliquer sa détermination à libérer le pays.
Après Jean Ping, le tour est revenu à Alexandre Barro Chambrier de recevoir Bertrand Zibi Abeghe. À l’un comme à l’autre, l’ancien prisonnier a réitéré le même message : travailler avec conviction pour arracher le Gabon, afin qu’il revienne réellement aux Gabonais. « Arracher « , c’est le verbe qui sied parce que selon Zibi Abeghe, le pays est aux mains des « étrangers » qu’il qualifie de « diable ».
Après 6 ans de prison, incarcéré dans des conditions qu’il décrit comme inhumaines, l’ancien député de Bolossoville semble n’avoir rien perdu de sa détermination à renverser le pouvoir actuel par la voie des urnes. Cette même détermination, il l’a conseillée aux militants du Rassemblement pour la Patrie et la Modernité de Barro Chambrier.
Face aux sirènes d’argent et des postes de nomination agités par le pouvoir, il leur a demandé d’être vrais et sincères, d’être eux-mêmes en pensant « Gabon d’abord ».
Malgré ses années de cachot, l’homme qui dit avoir donné sa vie à Jésus-Christ, lors de son séjour dans les geôles de la prison centrale de Libreville, n’est animé par aucun esprit de revanche.
Mais il reste toutefois porteur d’une mission messianique : « arracher le Gabon aux mains du diable », le diable étant une allusion faite au pouvoir en place qui « tue les Gabonais à chaque élection, emprisonne les opposants, manipule à souhait la justice pour ses desseins personnels, siphonne l’argent public en toute impunité ». La liste des méfaits du diable est longue.
Pour Bertrand Zibi Abeghe, les élections de 2023 doivent être une arme puissante pour bouter le diable hors d’état de nuire pour qu’enfin, les Gabonais profitent réellement des potentialités de développement de leur pays.
À l’évidence, l’homme qui avait démissionné du parti démocratique gabonais en 2016, en remettant publiquement son écharpe de député au président gabonais, Ali Bongo Ondimba lui-même n’a rien perdu de sa mission d’alternance du pouvoir au Gabon. Réussira-t-il ce qui a été raté en 2016? L’assurance de la foi en Dieu, suffira-t-elle à briser enfin cette malédiction cinquantenaire de l’opposition dont l’accession au pouvoir demeure jusqu’ici une vue de l’esprit au Gabon ? Wait and see.
CNN