[Gabon]Politique/Réconciliation Jean Ping et Ali Bongo : la nouvelle farce d’Aba’a Minko

 [Gabon]Politique/Réconciliation Jean Ping et Ali Bongo : la nouvelle farce d’Aba’a Minko

Sorti de prison le 27 juin dernier, Désiré Aba’a Minko, appelle désormais Jean Ping et son rival Ali Bongo Ondimba à se réconcilier à l’occasion de la fête du 17 août. Une réconciliation qu’il juge nécessaire pour la paix et le développement du pays. Pourtant, les choses ne sont pas aussi simples qu’il le pense.

 

C’est la deuxième fois qu’il s’illustre par ses coups d’éclats habituels depuis sa libération fin juin dernier. Lors de sa première sortie médiatique, Aba’a Minko avait, à la surprise générale annoncée qu’il avait changé et qu’il était même porteur d’une offre de paix. Au nom de cette offre, il avait alors annoncé qu’il allait discuter et négocier avec Ali Bongo Ondimba pour une passation pacifique du pouvoir, conscient que la voix des urnes seule ne le permettrait pas.

Et c’est décidément au nom de son offre de paix que l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 invite désormais deux autres anciens candidats devenus des rivaux inconciliables à se réconcilier à l’occasion de la fête du 17 août qui marque cette année, le 62e anniversaire de l’indépendance du Gabon.

Déclaration sincère ou simple canular ? Difficile de trancher, tant Aba’a Minko est un habitué des coups d’éclat à l’exemple de la pose des bombes factices dans les locaux des médias et bâtiments publics à Libreville, qui lui avait valu 5 ans de prison en 2017.

Vu sous cet angle, même en prisonnier reconverti, l’homme peine toujours à se départir de cette image d’un facétieux habitué à faire parler de lui.

Et même si l’offre de paix (si elle était sincère) semble pertinente, elle se heurte toutefois à un mur des sourds entre Ali Bongo et Jean Ping. Car pour l’un comme pour l’autre protagoniste, l’opportunité d’une telle réconciliation était la crise postelectorale qui semble désormais bien loin derrière, avec une normalité apparente désormais.

De plus, Jean Ping étant devenu « tricard, diminué par le poids de l’âge », claquemuré dans sa résidence des Charbonnage, a vu sa popularité s’effondrer après avoir échoué à prendre le pouvoir comme il l’avait promis. Pire, il a perdu presque tous les soutiens qui faisaient de lui, l’homme incontournable. Tous ont désormais basculé dans le camp de son rival.

Ainsi donc, « vidé et pressé comme une orange », il ne semble plus constituer un acteur important ou prioritaire pour le pouvoir qui se tourne désormais vers le débauchage ambiant d’autres chapelles de l’opposition comme le parti Les Démocrates, la première force d’opposition à l’Assemblée nationale qu’il a décidé de dépouiller en maniant l’argent et les postes de nomination dans l’administration.

Autant dire que si Aba’a Minko pense avoir trouvé, à travers cet appel, un moyen de survie médiatique et politique, il est au moins certain qu’une réconciliation entre Jean Ping et Ali Bongo n’est pas pour l’heure au goût du jour, la véritable occasion ayant été manquée. Sauf à croire qu’il s’agit là d’une grosse blague de plus.

CNN

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