[Gabon]Politique/Présidentielle 2023 : Barro Chambrier et le rêve d’une figure de l’opposition

 [Gabon]Politique/Présidentielle 2023 : Barro Chambrier et le rêve d’une figure de l’opposition

Son orbite n’est certainement pas encore stabilisée, mais elle semble en passe de l’être au regard du flou qui règne encore dans les rangs de l’opposition à quelque 13 mois de la présidentielle de 2023. Avec sa tournée provinciale, Alexandre Barro Chambrier, président du Rassemblement pour la patrie et la modernité, pourrait finir par s’imposer comme le visage d’une opposition encore marquée par l’incertitude.

Haut-Ogooué, Estuaire, Ngounié, à l’aune des élections de l’année prochaine, Alexandre Barro Chambrier a décidé de tracer son sillon dans une opposition gagnée par l’immobilisme et l’incertitude. Dans ces provinces où il s’est déjà rendu avec son staff, le président du RPM, Rassemblement pour la patrie et la modernité multiplie des causeries politiques pour expliquer son positionnement et sa vision d’un Gabon dont il s’est engagé à changer le cours des choses, si jamais il était élu président au terme de la présidentielle de 2023.

Car Barro Chambrier qui pointe l’incurie et l’échec du pouvoir actuel, estime que le Gabonais ne vit pas mieux dans son pays, qui pourtant regorge de potentiels pour lui garantir un logement décent et un emploi.

Mais au-delà du gouvernement en place dont il ne manque pas de critiquer les échecs notoires, à travers cette tournée, le patron du RPM espère aussi émerger comme la figure d’une opposition encore dans le flou. Et c’est là le principal enjeu de ces contacts avec les populations, alors que de son côté, le parti démocratique gabonais au pouvoir depuis 53 ans,  inonde déjà les journaux des médias publics dont il a le monopole, tel un parti-État.

Pour cela, il multiplie des débauchages et manie la carotte des postes dans l’administration pour vider de sa substance, une opposition famélique et complètement déstructurée par la mise à l’écart volontaire d’un Jean Ping devenu tricard après le succès éphémère de 2016.

Une fragilisation de l’opposition renforcée par la trahison de nombreux ténors qui reviennent tête baissée, toute honte bue dans un PDG qu’ils avaient pourtant quitté, non pas avec le cœur comme le dit Jean Eyeghe Ndong lui-même, mais avec la tête. C’est-à-dire par intérêt et non par conviction.

Devenir le visage d’une opposition en quête d’une bouée de sauvetage, Chambrier en a les atouts au regard des forces en présence qui ne semblent pas faire le poids outre mesure. Car, qu‘il s’agisse de Paulette Missambo de l’Union nationale ou de Guy Nzouba Ndama de Les Démocrates, aucune de ces deux figures, visiblement rattrapées par le poids de l’âge n’a encore réussi jusqu’ici à s’imposer véritablement à un an du scrutin.

Or, sur ce plan de l’âge, l’avantage échoit plutôt à Barro Chambrier. Reste donc à voir les projets de société des uns et des autres. Mais ce dernier point est loin d’être déterminant, l’élection sous les tropiques comptant plus pour la personnalité du candidat que par un programme de société généralement relégué au second plan.

CNN

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