[Gabon]Politique : Pierre Alain Mounguengui, une victoire pour la survie

 [Gabon]Politique : Pierre Alain Mounguengui, une victoire pour la survie

C’est peut-être l’élection la plus importante pour Pierre Alain Mounguengui qui a rempilé ce week-end pour un troisième mandat à la fédération gabonaise de football. Une élection à multiples rebondissements avec l’ingérence désespérée du pouvoir politique.

Jamais une élection à la FEGAFOOT n’a été à ce point suivi que celle qui vient de se dérouler ce samedi 16 avril 2022 à Lambaréné, dans le centre du Gabon. Une élection à multiples rebondissements avec notamment l’intrusion remarquable du politique dans le sport.

D’abord le rejet à quelques heures de la candidature d’un des candidats favoris, Jérôme Efong Nzolo en raison de ses responsabilités à la direction de l’Office national du développement du Sport. Puis sa démission par le gouvernement qui l’a remis in-extremis dans la course, alors qu’en même temps, le gouvernement a nommé comme Inspecteur général des Sports, Pierre Alain Mounguengui, le candidat à sa propre succession et qui partait grand favori.

Avec cette nomination, le pouvoir semblait avoir trouvé une stratégie pour mettre Mounguengui hors de course. Ainsi, en écartant le grand favori, cela donnait beaucoup de chances à Jérôme Efong Nzolo qui aurait dû avoir un boulevard devant lui.

Mais mal leur en a pris lorsque Pierre Alain Mounguengui, comprenant la magouille, saisit dans la foulée le secrétariat général du gouvernement pour rejeter de toutes ses forces, une nomination en tout point irrégulière que le pouvoir tente de lui servir comme un cadeau empoisonné.

Dans son argumentaire, le président de la FEGAFOOT, âgé de 65 ans, explique qu’étant fonctionnaire à la retraite depuis 5 ans, il ne peut plus être nommé à un poste de responsabilité dans l’administration publique. Et ce, conformément aux textes régissant la fonction publique.

Ce refus intelligent de Mounguengui illustre une fois de plus, les absurdités et la méconnaissance des textes administratifs par le gouvernement de Rose Christiane Ossouka Raponda, qui en a déjà fait la choquante démonstration lors de la gestion de la pandémie de Coronavirus, en perdant par deux fois de suite sa bataille face au Copil citoyen devant la Cour constitutionnelle.

Sauf que cette fois, le pouvoir en sort doublement humilié, la queue entre les jambes. Car en voulant s’immiscer dans le sport qui doit demeurer apolitique par l’imposition d’un candidat, ce dernier a été largement battu. En nommant pour cela un vieux retraité pour l’empêcher d’être réélu, le ministre des Sports a engagé la signature du président de la République pour valider une nomination en violation des textes dans un pays qu’on présente pourtant à souhait comme un État de droit. Et la victoire de Pierre Alain Mounguengui lui offre une occasion de se repositionner et sortir par la grande porte, lui que tout le monde ou presque voyait déjà en prison en cas de défaite.

CNN

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