[Gabon]politique/le PAT : déjà des doutes dans les esprits

 [Gabon]politique/le PAT : déjà des doutes dans les esprits

Comme tous les autres programmes de développement qui l’ont précédé jusqu’ici, le PAT, plan d’accélération de la transformation lancé par le gouvernement gabonais en 2021, patauge. De l’économie au social, le rythme d’exécution des chantiers inscrits au programme inquiète déjà jusqu’au sommet de l’État où le président Ali Bongo Ondimba a été obligé de rappeler la semaine dernière à sa première ministre qu’elle doit presser le pas, l’échéance de 2023 n’étant plus loin.

Croissance hors pétrole, projets d’investissements, de transformation locale des matières premières pour une valeur ajoutée, programme d’adduction d’eau potable, d’électrification des villes et villages, construction d’écoles, des routes, réhabilitation des voiries urbaines, etc.

Tous les chantiers annoncés dans le cadre du plan d’accélération de la transformation semblent marquer le pas depuis leur lancement en 2021.

Le plus emblématique est sans doute la construction ou réhabilitation de la route nationale appelée « Transgabonaise » qui doit traverser le pays du Nord-ouest au Sud-est sur près de 800 km. Et qui à ce jour n’est encore qu’autour de 15 à 18% d’exécution selon la dernière visite de chantier effectuée au deuxième trimestre 2022.

Pourtant, qu’il s’agisse de la « Transgabonaise » ou de tous les autres projets du PAT, leur délai de livraison est arrêté pour 2023. Un délai qui coïncide curieusement avec les élections locales, législatives et présidentielle que le pays doit organiser .

Cependant, ce programme d’industrialisation qui aurait pu constituer une preuve de bilan positif pour le président Ali Bongo Ondimba l’année prochaine est en train, à y regarder de près, de devenir une ombre au tableau de son deuxième mandat.

Inquiet de ce scénario, le Chef de l’État qui n’a toujours pas dit explicitement s’il est à nouveau candidat ou non, a enjoint récemment sa première ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda d’accélérer la cadence.

Manifestement, le rythme à pas de tortue actuel commence à semer des doutes dans les esprits quant à l’aboutissement de ce PAT aux allures d’une promesse électorale et certainement déjà vouée à l’échec.

Une malédiction des projets ?

Mais le PAT, s’il échouait, ne serait pas le seul concept de développement à connaître ce mauvais sort. Car depuis l’arrivée au pouvoir du président Ali Bongo en 2009, tous les plans de développement ou presque annoncés n’ont pas eu d’effets majeurs escomptés. C’est le cas du plan de relance économique (2017-2019) et du PSGE, plan stratégique Gabon émergent, dont l’horizon est fixé à 2025. À quelque trois ans de cet horizon, les doutes commencent à poindre. De la construction des universités de Boue, Mouila, Port-Gentil en passant par la baie des Rois sur le front de mer à Libreville, pour ne citer que ceux-là, les projets restés au stade des simples maquettes quand ils ne sont pas des éléphants blancs, témoignent d’une certaine « folie grandeur nature dans la conception de l’irréalisable ».

Sans réalisme dans la faisabilité, sans moyens de financement adéquats et en l’absence d’un contrôle rigoureux, les échecs s’enchaînent les uns après les autres, comme si le pouvoir était poursuivi par une « malédiction des projets sans lendemain ».

CNN

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