[Gabon]AFRIQUE/NOUVEAU SOMMET CEDEAO : MAINTIENT DES SANCTIONS CONTRE LE MALI

 [Gabon]AFRIQUE/NOUVEAU SOMMET CEDEAO : MAINTIENT DES SANCTIONS CONTRE LE MALI

Dans un communiqué publié ce dimanche 05 juin, les dirigeants ouest-africains ont maintenu les sanctions contre le Mali tout en gardant la porte ouverte à leur levée si la junte s’engage à partir plus vite qu’elle ne le prévoit actuellement. La prochaine rencontre prévue le mois prochain sera déterminante.

Les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) réunis samedi dernier à Accra ont renvoyé à un nouveau sommet le 3 juillet toute décision sur les sanctions contre le Mali ainsi que sur la conduite à tenir à l’encontre du Burkina Faso et de la Guinée, deux pays où les militaires ont également pris le pouvoir par la force, selon le communiqué.

La CEDEAO exige de nouveau des juntes burkinabé et guinéenne un calendrier « acceptable » de transition, c’est-à-dire de retour des civils à la tête de leur pays.

À l’approche du sommet de samedi dernier, la poursuite du dialogue entre la CEDEAO et la junte avait suscité au Mali un certain espoir dans la levée des sévères mesures de rétorsion commerciales et financières infligées le 9 janvier pour stopper le projet des militaires de gouverner cinq années de plus.

Les autorités maliennes ont depuis ramené leurs prétentions à 24 mois. Jusqu’alors la CEDEAO a consenti au maximum pour 16 mois.

La CEDEAO « décide de maintenir les sanctions imposées » et de « continuer le dialogue afin de parvenir à un accord permettant une levée graduelle des sanctions à mesure que les étapes de la transition seront franchies », ajoute le communiqué.

Des sources proches du sommet avaient indiqué le jour du sommet extraordinaire que les dirigeants ouest-africains étaient divisés, en particulier sur le Mali, entre les partisans de la fermeté et les avocats du compromis.

Les sanctions de la CEDEAO accentuent la crise économique et sociale au Mali, pays pauvre et enclavé. Elles ont un impact sur les économies de ses voisins et les difficultés de la population maliennes trouvent un écho dans les opinions ouest-africaines. Des participants au sommet ont évoqué les durs effets de la crise ukrainienne sur les pays africains.

L’Afrique de l’Ouest a vu se succéder les coups de force des colonels et lieutenants-colonels en moins de deux ans : putsch le 18 août 2020 à Bamako, nouveau fait accompli parachevant le premier le 24 mai 2021, putsch le 5 septembre 2021 à Conakry, putsch le 24 janvier 2022 à Ouagadougou.

Pierre Y.

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