[Gabon] Union nationale : une succession dans la douleur

 [Gabon] Union nationale : une succession dans la douleur

Engagés chacun dans une campagne pour la présidence du Parti, afin de remplacer Zacharie  Myboto atteint par la vieillesse, Paulette  Missambo et Paul Marie Ngondjout qui se déchirent publiquement sur fond d’accusations mutuelles, semblent engager l’Union nationale sur la voie de l’éclatement. 

C’est en tout cas le scénario tant redouté. Et si la bagarre peut être mise sur le compte des arguments d’un débat démocratique au sein du Parti, encore faut-il exister réellement, les prises de position, les insinuations et les insultes qui fusent entre les deux « futurs héritiers », inquiètent déjà certains militants craignant que cette guerre des tranchées n’entame la cohésion d’une Union nationale visiblement bien en peine.  

D’autant que la ligne rouge de ce sabordement et de ces accusations reste le PDG, le Parti démocratique gabonais engagé dans un processus de débauche à tour de bras d’une opposition quasiment inexistante et en proie à ses propres démons. Et le « démon » du PDG semble visiblement avoir fait son entrée au sein de l’UN, tourmentant ainsi les deux têtes d’affiche, Paulette Missambo et Paul Marie Ngondjout qui s’accusent mutuellement de vouloir faire le jeu du Parti au pouvoir. 

Comme elle se dessine, la campagne pour le poste de président de l’Union nationale prend des tournures inquiétantes entre les deux candidats, préfigurant un avenir incertain à l’issue du vote qui s’annonce déjà mouvementé. Quel que soit le résultat de cette élection, l’UN  qui était jusque-là le plus grand Parti d’opposition gabonaise après l’effondrement de nombreux autres avant lui est désormais sur un fil rouge qui pourrait être rompu par la victoire de l’un ou de l’autre candidat.  

Après plus d’une décennie de mandature, Zacharie Myboto s’apprête à laisser un parti fantôme, conséquence d’une gouvernance cavalière et largement décriée par de nombreux militants. En témoigne l’échec de l’élection d’un nouveau président en décembre dernier, lorsque le patriarche a voulu imposer son gendre, Paul Marie Ngondjout comme candidat unique. Fait absolument rare dans un parti qui milite pourtant pour la promotion des principes démocratiques dans le pays. 

C’est donc une succession dans la douleur que l’Union nationale s’apprête à vivre après le retrait officiel de Zacharie Myboto. En attendant, les militants retiennent leur souffle. 


CNN

Crédit photo Jeune Afrique

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