[Gabon] Ralliements au PDG : stratégie du ver dans le fruit ?
Parmi les hypothèses récurrentes pour expliquer le retour au parti démocratique gabonais des opposants connus pour leur extrême radicalité, celle du cheval de Troie se fait de plus en plus prégnante. Au-delà d’une volonté de revenir à la mangeoire, il y aurait donc une volonté de ces leaders de revenir pourrir le fruit de l’intérieur à défaut de l’avoir fait de l’extérieur.
Même un ministre et non des moindres a attiré via Facebook, l’attention quant aux vrais mobiles de ces retours spectaculaires des leaders de l’opposition au PDG, dont ils avaient pourtant démissionné avec fracas entre 2009 et 2016.
En invitant à aller lire le Cheval de Troie, Alain Claude Billie By-Nze qui a salué, peut-être du bout des lèvres, ces retours successifs laisse transparaître son inquiétude, sa méfiance aussi.
Car ces retours de René Ndemezo’o Obiang, Frédéric Massavala Maboumba, Féfé Onanga et maintenant Jean Eyeghe Ndong, pourraient s’inscrire dans une stratégie bien pensée d’un vers qui vient pourrir le fruit de l’intérieur.
Sinon qu’est-ce qui, logiquement pourrait avoir convaincu un Jean Eyeghe Ndong, jusque-là connu pour sa radicalité autour de Jean Ping, de retourner publiquement sa veste contre son mentor dont il avait soutenu avec brio la candidature à la présidentielle en 2016 ?
En l’absence d’une réponse convaincante de l’intéressé qui dit faire preuve de réalisme politique, l’hypothèse d’un pourrissement de l’intérieur est devenue tellement prégnante que les deux hommes, Jean Ping et Jean Eyeghe Ndong avaient été vus ensemble au lieu du deuil de l’ancien ministre, Fabien Owono Essono, quelques jours seulement avant la déclaration tonitruante d’Eyeghe Ndong pour son retour dans le sérail.
Lors de ces retrouvailles, l’ancien Premier ministre d’Omar Bongo Ondimba avait-il fait part à Ping de la déclaration qu’il allait tenir quelques jours après ? Si cheval de Troie il y a, les deux hommes avaient-ils abordé la question ? Si ce complot de ver dans le fruit était avéré, Jean Ping pourrait-il, lui aussi, rejoindre le PDG à la suite de celui qui était jusqu’ici un des piliers inconditionnels de son cercle qui se rétrécit de jour en jour ?
Si les uns dans les officines du parti démocratique gabonais saluent ces retours comme une victoire, d’autres, certainement les plus avisés comme Billie By-Nze n’écartent pas l’hypothèse d’une mécanique de déstabilisation interne mise en place par une opposition visiblement à bout de souffle dans sa lutte pour l’alternance au sommet de l’État.
Si ce complot est bel et bien ourdi, le réveil des pedegistes qui jubilent aujourd’hui pourrait être douloureux au soir de 2023. Alors gare au triomphalisme trop délirant.
CNN