[Gabon] PROPOS DE MANGANGA MOUSSAVOU : LES RÉACTIONS « ALTOGOVÉENNE » SE MULTIPLIENT
Depuis son audio devenu viral, Pierre-Claver Maganga Moussavou, président du Parti social-démocrate (PSD) fait face à de multiples réactions des ressortissants du Haut-Ogooué. Son intervention a visiblement heurté certaines personnalités et Fils de la province.
« Les ressortissants de la province du Haut-Ogooué sont au cœur du chaos que traverse le pays » voilà visiblement la goutte d’eau qui a fait déborder le vase dans la déclaration de Pierre-Claver Maganga Moussavou. Des personnalités et enfants du G2 n’ont pas fait attendre leurs réactions en fustigeant cette sortie du président du Parti social-démocrate. C’est le cas de Norbert Epandja qui estime que « ce n’est pas le Haut-Ogooué qui dirige le Gabon, mais le régime BONGO-PDG, au sein duquel vous occupez de hautes fonctions, de père en fils. ».
L’ancien maire de la ville de Mouila a, dans son audio, demander à ce que « celui qui prendra le pouvoir ne doive pas se venger sur les Altogovéens », ce qui a poussé l’homme de culture Norbert Epandja de répondre dans sa lettre ouverte avec des interrogations « Qu’est-ce que les pauvres Altogovéens ont ils à avoir avec le régime BONGO-PDG qui gouverne le Gabon depuis 1957 ? Qui avez-vous entendu dire que s’il prend le pouvoir, il va se venger sur le Haut-Ogooué ? Vos paroles sonnent à mon oreille comme un épouvantail qui vise à inciter subtilement les BONGO à se maintenir au pouvoir, si ce n’est une manœuvre destinée à disculper la famille BONGO et le PDG pour mettre la mort du Gabon sur le dos du Haut-Ogooué et du peuple Altogovéen. »
L’ancien ministre et député du 1er arrondissement de Franceville Jean Pierre Oyiba n’est pas resté indifférent face aux propos de l’ancien vice-président de la République « Qu’attendons-nous véritablement quand nous savons nous-mêmes que nous appartenons depuis longtemps à cette oligarchie organisée en bande familiale, clanique, tutti quanti en mettant loin la compétence ? Non Messieurs, non Mesdames, ce dysfonctionnement n’est pas dû à une province, à un homme, à une ethnie, mais à tout un système que chacun de là-haut jusqu’en bas a contribué à installer et renforcer. »
Ce discours de Maganga Moussavou vient s’ajouter à ceux de Max Anicet Koumba du rassemblement des Gaulois, de Paul Biyoghé Mba à l’Assemblée nationale au cours des travaux en commission etc. À la veille des élections qui pointent à l’horizon dans le pays, il y a lieu de se questionner sur la véritable raison qui suscite ce repli identitaire de la part des politiques et du rôle véritable qu’ils ont à jouer au sein de la société pour garantir l’unité, héritage cher légué par les pères fondateurs de notre nation.
Pierre Y.