[Gabon] Présidentielle 2023 : vent de panique au palais du bord de mer
En restreignant les conditions d’éligibilité à la présidence de la République, à deux ans de l’échéance, le pouvoir en place, manifestement tenaillé par l’idée de perdre, cherche à mettre hors-jeu, tous les potentiels candidats qui pourraient lui tenir la dragée haute.
Qu’il s’agisse de l’obligation de résidence au Gabon pendant au moins 6 mois les deux dernières années précédant le scrutin, pour les exilés politiques et diplomates accrédités à l’étranger ; du triumvirat destiné à la gestion de la vacance du président de la République, du Haut Commissariat de la République qui concentre presque tous les pouvoirs des autres collaborateurs du Chef de l’État, ou encore de la réforme de la Cour constitutionnelle qui concentre chaque jour des pouvoirs plénipotentiaires, il y a des soupçons de panique qui semble s’être emparée du palais du bord de mer.
Lequel, devenu « paranoïaque », ne cache plus sa volonté de conservation du pouvoir à tout prix, même au risque de piétiner la normalité de fonctionnement des institutions dans un pays qui se dit pourtant démocratique.
Le diable se trouvant dans le détail, sont visés en filigrane, Omar Denis Junior Bongo Ondimba, le frère cadet d’Ali Bongo qui vit à cheval entre le Congo Brazzaville et le Gabon. Il avait déjà été empêché d’entrer au Gabon, lors du décès de son oncle Fidèle Andjoua en avril dernier.
Libreville lui prête des ambitions présidentielles car soutenu par son grand-père, Denis Sassou N’guesso, le président du Congo Brazzaville dont les relations avec le Gabon ne sont pas aussi parfaites qu’elles en ont l’air, d’après certains médias internationaux.
Sont également visés par ces conditions désespérées, des opposants ou diplomates à l’étranger comme Marcel Abeke, l’ancien directeur général de Comilog établi en France dans le cadre d’Eramet. Il serait de connivence avec d’autres personnalités exilées en France, à l’exemple de l’ancien Coordonnateur général des Affaires présidentielles, Jean-Pierre Lemboumba Lepandou sous Omar Bongo et dont la maison a été brûlée récemment dans son fief d’Okondja, on ne sait par qui Lemboumba Lepandou s’était déjà présenté contre Omar Bongo Ondimba, lors de la première élection présidentielle pluraliste de 1993, avant de revenir dans ses bonnes grâces.
Lors du scrutin de 2016, il avait pris fait et cause pour Jean Ping. Depuis l’étranger, il a fait feu de tout bois pour amener les lobbies occidentaux à reconnaître la victoire de l’ancien président de la Commission de l’Union africaine. En vain !
Homme effacé, mais capable de manœuvrer en sourdine, il est devenu certainement un des éléments à craindre pour le palais du bord de mer, décidé à tenir absolument loin du scrutin, tous ceux qui pourraient représenter une menace sérieuse pour l’élection ou la réélection du candidat du parti démocratique gabonais. Lequel, manifestement paniqué, n’a plus d’autres solutions désespérée que le recours systématique à l’exclusion des candidats par des conditions d’éligibilité taillées sur-mesure. Sauf qu’à malin, malin et demi. Et Dieu disposant, le pouvoir pourrait, le moment venu, être pris à son propre piège.
CNN