[Gabon] Présidentielle 2023 : la difficile équation de l’opposition

 [Gabon] Présidentielle 2023 : la difficile équation de l’opposition

Même si l’échéance d’août 2023 semble encore lointaine pour tirer des conclusions, la tendance du terrain politique, avec son remue-ménage habituel, peut déjà permettre d’obtenir une photographie plus ou moins représentative des forces en présence. Alors que le pouvoir se renforce chaque jour avec les retours successifs d’anciens démissionnaires au PDG, l’opposition devenue de plus en plus exsangue manque d’une figure tutelle, à défaut de se réorganiser derrière Jean Ping, dont le mythe de 2016 ne paraît plus émouvoir outre mesure dans les rangs. 

Si rien n’est fait pour renverser la vapeur, certains craignent déjà une simple figuration le moment venu. Ce d’autant qu’en face, le parti démocratique gabonais qui était sorti très affaibli de l’échéance de 2016, semble se frayer un boulevard, notamment avec les retours successifs d’anciens cadres démissionnaires, qui viennent renforcer son grossissement. Car confronté au débauchage ambiant du mercato politique, l’opposition qui assiste impuissante aux départs de ces ténors, pourrait, à terme, se retrouver complètement hors de cause d’ici à 2023. 

Surtout qu’après le mythe de 2016 de Jean Ping, aucune silhouette n’a réussi jusqu’ici à émerger à deux ans de l’élection. Et l’équation semble encore difficile à résoudre dans une opposition en proie à ses propres démons. Un Guy Zouba  Ndama qui peine à s’imposer, un Alexandre Barro Chambrier affaibli par ses querelles de chapelle avec Michelle Menga, une Union nationale engluée dans le combat « fratricide » que se livrent Paulette Missambo et Paul Marie Ngondjout pour la succession d’un Zacharie Myboto trop âgé. Le tout aggravé par un Jean Ping dont la voix fluette perd progressivement de sa résonance d’il y a 5 ans. 

Tous ces problèmes conjugués constituent une sorte de montagne russe sur la route de la présidentielle, un double défi pour tous ces rescapés de l’opposition. Le premier consiste à rééditer la candidature unique de 2016 autour d’une figure consensuelle. On se doute bien que ce soit encore l’ancien président de la commission de l’Union africaine, dont le carnet d’adresses de diplomate réputé a montré toutes ses limites.

Le deuxième défi est la remobilisation des troupes après les trous béants laissés par Jean Eyeghe Ndong, Frédéric Massavala Maboumba, Féfé Onanga et tous ceux qui continuent de leur emboîter le pas dans cette vague des retours au PDG.  

Pour l’un ou l’autre défi, l’équation semble difficile. Et si un tel scénario de l’opposition restait irréversible jusqu’à la date échue, et que le désir de changement exprimé massivement en 2016, demeurait intact, il faudrait alors s’attendre à ce que les partisans de l’alternance n’ayant pas de candidat porteur de leurs espoirs, choisissent de s’abstenir à défaut de voter pour le candidat du PDG.

Une telle option poserait alors un problème de légitimité du vainqueur de l’élection. Surtout dans un système électoral de majorité relative comme au Gabon. 

CNN

Related post