[Gabon] Gouvernement Ossouka : communication à outrance, actes mitigés

 [Gabon] Gouvernement Ossouka : communication à outrance, actes mitigés

Que ce soit à la radio, à la télévision ou sur les réseaux sociaux, aucune action ne soit-elle insignifiante n’est laissée dans l’ombre. Pour une fontaine publique réhabilitée, une salle de classe livrée, une audience accordée par un ministre à un investisseur ou un projet de développement encore dans sa phase de conception, le gouvernement ne lésine pas sur les moyens pour déployer une publicité à grands frais médiatiques. Pourtant, à bien y regarder, derrière cette communication à outrance, il n’y a presque pas ou peu de réalisations.

Dans toutes les éditions d’informations sur les médias d’Etat, dans les journaux et sur les sites en ligne affiliés aux cadors du régime, c’est le même dithyrambe de la communication gouvernementale. Même pour des choses jugées insignifiantes, les autorités et leurs officines de propagande ne manquent plus une seule occasion de montrer qu’elles travaillent : un kilomètre de voirie réhabilité, une salle de classe livrée, un don de nourriture, des jouets de Noël, etc. Oubliant que le rôle d’un gouvernement est de travailler en posant des actes pour le bien-être de sa population, et non de chercher à la convaincre par de rares maigres réalisations. Surtout quand cette communication ne vante que des projets pour l’essentiel encore au stade de conception, projets pour la plupart sans lendemain, occasionnant partout des éléphants blancs dont le nombre au fil des ans, s’est accru qu’il serait laborieux de tous les répertorier ici.

Une publicité à outrance qui, à bien y regarder, révèle les limites apprecier  » l’incapacité d’un système de gouvernement gagné par l’usure » et conscient de son bilan mitigé en matière de développement du pays.

Stratégie électorale ?

Mais pour le pouvoir qui semble avoir érigé cette communication plus ou moins vide au rang des stratégies électorales, elle répond à la logique de 2023, surtout qu’il est notoire que l’élection présidentielle depuis plusieurs décennies au Gabon est une épreuve douloureuse pour le candidat du parti démocratique gabonais, souvent bien en peine dans les résultats.

Une peine qui pourrait bien s’accroître en 2023 avec un système électoral désormais à deux tours, notamment par la crainte d’un possible front commun de toute l’opposition au second tour.

Toute chose qui laisse penser que le gouvernement de Rose Christiane Ossouka Raponda s’emploie à travailler désormais, non pas nécessairement pour le bien-être des Gabonais, mais surtout pour se faire bien voir dans la perspective des élections de l’année prochaine. Pourtant, en dépit de cette publicité déconcertante, le Gabonais sait qu’il lui manque toujours un travail pour subvenir aux besoins de sa famille, alors que le taux de chômage bat des records. Même celui qui travaille sait que ses maigres revenus en raison de la mauvaise organisation sociale du travail et de la faiblesse du pouvoir d’achat, ne lui permettent pas de se loger décemment dans un pays où le loyer est hors de portée à cause de l’échec criard des politiques publiques en matière des logements sociaux, ou de manger convenablement à sa faim dans un pays réputé comme l’un des plus chers en Afrique.

Pour cette catégorie plus importante de la population gabonaise, la publicité du gouvernement aura beau saturer tous les médias, tous les espaces, elle ne pourra certainement pas la convaincre du contraire. Car, qui mieux que l’opprimé pour mieux sentir l’oppression ?

CNN

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