[Gabon] Dette : le Gabon, va-t-il s’écrouler ?

 [Gabon] Dette : le Gabon, va-t-il s’écrouler ?

C’est la question qui revient désormais, après les chiffres publiés récemment par l’agence panafricaine, Ecofin qui révèle que l’encours de la dette publique gabonaise devrait atteindre  71 % du PIB du pays. Soit 1 % du seuil autorisé dans la zone CEMAC qui est de 70 %. 

Juste derrière le Congo Brazzaville (91 %), le niveau d’endettement du Gabon devrait franchir la barre limite de 70 % arrêtée au sein de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale. En effet selon les projections de l’agence panafricaine, Ecofin, le stock de la dette du pays considéré comme le deuxième mauvais élève de la CEMAC, devrait atteindre 71 % du produit intérieur brut cette année. 

Déjà, fin mars dernier, cette dette s’élevait à environ 6 500 milliards de francs CFA. Si on y ajoute les derniers emprunts contractés auprès des bailleurs internationaux, le FMI en tête, le niveau d’endettement du Gabon devrait  atteindre, et même franchir les 7 000 milliards  FCFA. 

 
Et comme si ce stock déjà abyssal ne suffisait pas pour interpeller sur le risque d’un effondrement de l’économie et d’une cessation de paiement, le gouvernement gabonais continue d’emprunter à tour de bras pour dit-il, financer ses projets de développement. Un recours à l’emprunt systématique qui renvoie au fond l’image d’un pays qui, malgré de nombreuses ressources (bois, pétrole, manganèse, etc.), semble au bord de l’assèchement. 

Et cela sans qu’on ne voit réellement l’impact de cet endettement massif sur le développement du pays. Ce qui pose un réel problème de gestion des finances publiques, même si les « progrès significatifs » du Gabon viennent d’être salués par un rapport du département d’État américain. Des doutes en tout cas demeurent quand on sait parfois que certains rapports fondés sur un certain nombre d’indicateurs, ignorent parfois la réalité du phénomène étudié.  

Dégâts collatéraux

Pourtant, la dette a un coût et des conséquences directes sur les populations qui n’en sont pas du tout responsables. Et même si le gouvernement qui semble asphyxié use de tous les arguments savants pour justifier son obsession pour la dette, les conséquences sont déjà visibles à mesure que son niveau grimpe des sommets inquiétants. Des chantiers à l’arrêt, des grèves à répétition dans la quasi-totalité de l’administration et dans des entreprises pour réclamer soit le paiement d’arriérés de salaire, soit des primes, même les régies financières qui produisent l’argent du pays sont en ébullition. 

En l’absence des chiffres représentatifs de la vrai réalité, le chômage a atteint des proportions record, toutes les politiques d’employabilité annoncées jusqu’ici n’ayant connu que peu ou presque pas de résultats. Tout ce scénario constitue le lot des signes avant-coureurs d’un pays qui court vers un effondrement complet. Et si rien n’est fait, à terme, le Gabon travaillera plus pour rembourser sa dette exponentielle que pour se prendre en charge. Ce sera alors la fin des haricots. 

CNN

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