[Gabon] Consultations politiques à la primature: l’éternel recommencement
Débutées mardi par Pierre Claver Maganga Moussavou, Séraphin Ndaot et Louis Gaston Mayila, les consultations des leaders politiques par la première ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda, visent à décrisper le climat politique, selon l’argument de la primature. Ceci pour parvenir à la cohésion du pays sur les questions de l’heure.
Pourtant, la recette à bien y regarder, n’est pas nouvelle. Vieille méthode employée par le gouvernement chaque fois qu’il se retrouve dos au mur, le dialogue avec les acteurs politiques n’est jamais véritablement parvenu à une réelle cohésion dans le pays. Car une fois le dialogue ou la consultation finie, les conclusions dégagées, au lieu d’être traduites en actes, sont plutôt rangées dans les tiroirs des oubliettes, ainsi de suite. On se retrouve alors dans un éternel recommencement.
Mieux, en recevant ce mardi 1er juin à Libreville, les présidents du parti social-démocrate, Pierre Claver Mangaga Moussavou, du Bloc démocratique chrétien, Guy Christian Mavioga et de l’Union pour la nouvelle république, Louis Gaston Mayila, la première ministre, Rose Christiane Ossouka Raponda semble ramer à contre-courant du déni systématique du gouvernement qui argue souvent que les institutions fonctionnant normalement, il n’existe donc pas de crise politique dans le pays. Quelle contradiction.
Pourtant, même si une accalmie apparente semble faire oublier la crise post-électorale, à mesure que s’éloigne derrière nous la confusion de 2016, les questions sociales comme le chômage, la crise économique accentuée par le Coronavirus et autres, constituent autant de problèmes qui exacerbent un climat trop précaire, alimenté par des grèves à répétition.
Pour toutes ces tensions même étouffées, il y en filigrane, la survivance de la dernière présidentielle dont le contentieux a manifestement été mal vidé par la Cour constitutionnelle. Tout cela aggravé par les actes du dialogue d’Angondje qui ont tourné à l’échec, malgré la publicité dithyrambique qui en a été faite.
Dans ce contexte, les consultations ne doivent pas cibler des responsables politiques en perte de vitesse et en peine de représentativité. Car il serait illusoire de penser que Maganga Moussavou, Séraphin Ndaot, ou encore Louis Gaston Mayila, tous des vieux routiers en déclin, puisse peser et aider le gouvernement à reprendre en main, les tensions générées par le conflit Homme-Faune à Mekambo dans la province de L’Ogooué Ivindo.
À défaut donc d’un vrai dialogue inclusif avec tous les principaux acteurs de la crise d’août 2016 comme Jean Ping et toute sa compagnie, ce qu’il faut à Rose Christiane Ossouka Raponda ce n’est plus une consultation de plus qui finira dans le silence de l’oubli. Mais plutôt d’agir en proposant une solution qui protège autant les éléphants que les populations qui peinent pour faire leurs champs.
À moins qu’on ait décidé de tourner en rond en ayant recours aux vieilles recettes sans lendemain, alors que le problème est ailleurs.
CNN