[Gabon] CASQUES BLEUS GABONAIS : L’ARBRE QUI CACHE LA FORÊT

 [Gabon] CASQUES BLEUS GABONAIS : L’ARBRE QUI CACHE LA FORÊT

Le 15 septembre 2021, les Nations unies avaient ordonné le retrait des quelque 450 Casques bleus gabonais de sa force de maintien de la paix en Centrafrique après des accusations d’exploitation et d’abus sexuels sur lesquels le gouvernement gabonais a ouvert une enquête et dont on attend toujours les résultats.

Plusieurs faits se cachent derrière la guerre des communiqués, des faits qui ont été reconstitués par le journal Africa Intelligence dans sa parution du 21 février 2022. Il en ressort de cette enquête qu’un débit de boisson exigu situé à proximité de la gare routière d’Alindao, à 500 KM de Bangui, est l’une des causes d’expulsion de tous les soldats gabonais de la Minusca. En 2020, les militaires gabonais ont commencé à fréquenter ce lieu et vont même contribuer à sa réputation.

Une situation qui pousse les enquêteurs des Nations Unies à constater, après une mission d’enquête sur place, que l’électricité qui alimentait ce lieu était détournée par nos soldats. Des accusations qui n’ont pas été niées par la présidence gabonaise, mais qui affirmait tout de même que le câblage avait été fait par d’autres contingents avant l’arrivée des Gabonais. Présent sur le site d’Alindao dans des conditions d’isolement sans loisirs ni Wi-Fi, avec un vol en provenance de la capitale centrafricaine qui les ravitaillait une fois par mois et surtout au gré des rotations, les soldats se sont versés dans une débandade sans pareille en présence des femmes qui se prostituaient au sein du débit de boisson.

La population locale avait diversement réagi aux activités nocturnes des casques bleu, mais certains profitaient de l’opportunité économique. Le comportement de nos soldats a attiré l’attention des travailleurs humanitaires déployés dans la zone qui avaient d’ailleurs commis un rapport qui faisait état de 6 violations commises sur des civils dans le département de la Basse-Kotto par les militaires. Ce qui passe sous silence. Après s’en sont suivis plusieurs autres faits qui interpellent le Secrétaire Général des Nations Unies Antonio Guterres qui met la pression à Libreville. Ne pouvant fournir des réponses demandées par le patron de l’ONU dans un délai de 90 jours, le ministre gabonais en charge de la défense Micheal Moussa Adamo, assiste, impuissant à l’annonce de la demande de rapatriement du contingent.

Cette décision qui intervient 4 mois avant le retour du Gabon au sein du conseil de sécurité de l’ONU, sonne comme une véritable épine au pied du gouvernement. Très vite, les autorités gabonaises réagissent et dépêchent sur place en Centrafrique, une équipe d’enquêteur qui se butte sur les services de la MINUSCA qui refusent de leur faire rencontrer des victimes, mais en revanche, les laissent écouter les enregistrements audios des auditions. Le 7 octobre de l’année dernière, le porte-parole de la présidence de la République Jessye Ella Ekogha déclare qu’aucune accusation d’agressions sexuelles qui ont été reportées n’est fondée.

Tout de même, cette situation dégrade l’image du Gabon et génère des pertes financières énormes pour le pays quand on sait que pour un soldat déployé, l’état encaissait un montant de 1430 dollars américain soit environ 715.000 FCFA. Une perte qui se chiffre à 10 millions de dollars pour 450 hommes soit un peu plus de 5 milliards de FCFA. Depuis le retour au bercail de nos soldats, c’est le contingent Rwandais qui assure la sécurité des camionneurs à l’approche d’Alindao, la mission première des ex gabonais de la Minusca. Aujourd’hui, ils contribuent à écumer les rues de Libreville pour la rendre propre et agréable.

Nvono Alfrevy.

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