[Gabon] Ali Bongo devant le Parlement : l’enjeu de se réaffirmer

 [Gabon] Ali Bongo devant le Parlement : l’enjeu de se réaffirmer

Le président Ali Bongo Ondimba s’est exprimé devant les deux Chambres du parlement réunies en Congrès ce vendredi 25 juin. C’est la troisième fois que le dirigeant gabonais se livre à cet exercice en 12 ans de pouvoir. Cette année, l’enjeu de l’exercice n’était pas tant son caractère constitutionnel, mais surtout une volonté de se réaffirmer comme un Chef qui tient toujours la barque Gabon.

Pour ceux qui attendaient de grandes annonces présidentielles comme on les y a toujours habitué, ils n’ont eu que la déception au visage.  Car comme en 2012 et 2016, Ali Bongo ne s’est contenté que de dresser quelque peu le bilan des réformes entreprises ces derniers temps par son gouvernement.  Morceau choisi, l’égalité Homme-femme qui s’est traduite par l’adoption par le Parlement de la reforme du nouveau code civil. 

La question lancinante de l’emploi n’a eu droit qu’à une évocation évasive. Députés et Sénateurs ont donc été interpellés sur leur contribution et leur responsabilité dans le développement du Gabon. Mention spéciale à la paix qu’il faut à tout prix préserver au-delà des clivages d’opinions. Sur cette diversité  d’opinions, le président n’a pas manqué de lancer quelques piques aux responsables politiques ayant des « agenda cachés », une allusion claire à la présidentielle de 2023. 

Une façon de signifier que cette échéance étant encore loin, la priorité pour l’heure reste le développement du pays, notamment à travers le PAT, le plan d’accélération de la transformation. Mais qui doit développer le pays si ce n’est le gouvernement au pouvoir.
Comment l’opposition parfois ostracisée et tenue à l’écart peut-elle participer à ce développement ? 

D’ailleurs, à l’heure du bilan, qui jugera-t-on ?  L’opposition confinée au maquis avec des « agendas cachés » ou les tenants du pouvoir ?

Stratégie de Com back 

Malgré son caractère légal, consacré par l’article 24 de la Constitution qui donne mandat au président de la République de s’adresser aux deux Chambres du parlement réunies en Congrès, la déclaration d’Ali Bongo Ondimba, cette année, avait au fond une stratégie guidée par le contexte, la réaffirmation de soi. 

Devenu moins visible et moins parleur qu’avant, du fait des séquelles de l’accident vasculaire cérébral dont il a été victime en 2018, le Chef de l’État gabonais qui reprend progressivement ses capacités voulait, à travers cet exercice, prouver qu’il tient toujours la barque en tant que seul capitaine à bord du navire Gabon. Une réponse sibylline à ses adversaires qui concluent à son incapacité à diriger encore le pays. Mais cette réponse suffira-t-elle enfin à clore le débat ?

CNN

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