Élections générales : La HAC privée de son budget

 Élections générales : La HAC privée de son budget

C’est une situation inédite. Une loi manifestement foulée au pied. Une tradition qui vole en éclats.  Contrairement aux élections antérieures, cette année, la HAC, Haute Autorité de la Communication est clouée à la paupérisation et peine à faire face aux charges liées à la couverture équitable du triple scrutin présidentiel, législatif et local du 26 août prochain, comme l’exige la loi. Pourtant, selon le décret 203 du 07 août 2018, signé par Ali Bongo  Ondimba, la commission d’égal accès des candidats et de partis ou groupements de partis politiques aux médias du service public en période électorale, dispose d’une ligne budgétaire spéciale en matière électorale. 

C’est cette ligne qui lui permet de déployer à travers le territoire national, un réseau de journalistes et techniciens pour suivre les différents candidats sur le terrain, d’organiser les débats radiotélévisés et de supporter les différentes autres charges inhérentes à son fonctionnement. Sauf que cette ligne n’est, à ce jour, pas pourvue, malgré le lancement de la campagne qui bat déjà son plein. Pour déployer des reporters à travers le pays, le président de l’institution, Germain Ngoyo Moussavou a dû puiser dans son budget de fonctionnement, avec le risque de compromettre les salaires du personnel. Lesquels salaires, en temps ordinaire n’arrivent qu’avec beaucoup de retard. Conséquence, à Gabon première où se déroule l’émission « Un candidat, un projet », les agents travaillant pour cette tâche menacent de tout arrêter, si la HAC ne les paie pas. Est-ce une stratégie des émergents de priver l’institution de ses fonds pour faire échapper le président Ali Bongo Ondimba à cette émission qui passe en direct ? Cela, ne donnera-t-il pas du grain à moudre à ceux qui pensent que le président candidat ne serait pas capable de tenir une heure de débat face aux journalistes en raison de son état de santé ? Où sont passés les 100 milliards de FCFA de budget votés par les députés et consignés dans la loi de finances 2023 ? À qui profite le crime d’une privation de la HAC de ses fonds ?

Pire, comme si cela ne suffisait pas, la HAC fait également face à l’attitude récalcitrante de certains médias comme Gabon 24 qui diffusent en direct tous les meetings d’Ali Bongo Ondimba, malgré la signature du code de bonne conduite par la directrice générale de la chaîne, Laure Bigourd. Comment comprendre ce sabotage flagrant de la loi par ceux-là même qui clament tous les jours que le Gabon est un État de droit ?

 

CNN

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