Édito/Un coach militaire sur les terrains de sport : une nécessité pour la jeunesse gabonaise

Libreville bruisse d’une énergie débordante, portée par une jeunesse avide d’activités et de repères. Pourtant, faute d’encadrement structuré, démission parentale, cette vitalité se perd trop souvent dans l’oisiveté et l’indiscipline. Les conséquences sont bien visibles : montée de la délinquance juvénile, violences urbaines, consommation de stupéfiants, et une insécurité qui inquiète autant les familles que les autorités.
Face à cette réalité, la présence de coachs sportifs issus du milieu militaire sur les terrains de sport de la capitale pourrait être une solution innovante et efficace. Loin d’être une simple initiative sportive, il s’agirait d’un véritable programme de rééducation sociale, visant à canaliser l’énergie des jeunes à travers la rigueur, la discipline et le dépassement de soi.
L’armée gabonaise dispose d’instructeurs formés pour transmettre des valeurs fondamentales : respect des règles, sens du collectif, gestion du stress et persévérance face à l’effort. Autant d’éléments qui font cruellement défaut à une jeunesse souvent livrée à elle-même. Un coach militaire sur les aires de jeu ne serait pas seulement un entraîneur, mais aussi un éducateur, un modèle capable d’inculquer une mentalité positive et un cadre structurant à ces jeunes en quête de direction.
L’impact d’un tel programme dépasserait largement le cadre sportif. Il contribuerait à réduire l’oisiveté et à éloigner les jeunes des tentations du banditisme, en leur offrant une alternative concrète aux activités illicites qui gangrènent certains quartiers. Plutôt que de sombrer dans des cercles vicieux de violence et d’illégalité, ces jeunes pourraient découvrir une nouvelle voie, faite de discipline, de détermination et, pour les plus ambitieux, d’opportunités professionnelles dans le monde du sport ou même dans les forces armées.
Le constat est clair : sans action forte, la situation ne fera qu’empirer. Il est donc temps que les autorités prennent leurs responsabilités et mettent en place un cadre structuré où la jeunesse pourra s’épanouir sainement. L’idée d’un encadrement sportif militaire sur les terrains de quartier ne relève pas du fantasme, mais bien d’une urgence sociale. Libreville ne manque ni de talents, ni de potentiel ; ce qu’il lui faut, c’est un projet ambitieux, porté par des hommes et des femmes capables d’offrir à cette jeunesse un avenir meilleur.
À quand un premier pas concret en ce sens ? La balle est entre les mains des décideurs.
Par Justin Mbatchi