DEUX BÂTONNIERS À LA TÊTE DU BARREAU DU GABON : UNE CRISE JURIDIQUE S’INTENSIFIE

 DEUX BÂTONNIERS À LA TÊTE DU BARREAU DU GABON : UNE CRISE JURIDIQUE S’INTENSIFIE

La scission au sein du Barreau national du Gabon a pris une tournure inattendue cette semaine, avec la désignation de deux bâtonniers concurrents. Me Lubin Ntoutoume a été nommé bâtonnier intérimaire le 4 novembre, mais en moins de 72 heures, ses pairs ont désigné Me Jean Paul Moumbembé comme bâtonnier ad hoc. Cette situation a suscité des réactions vives et laissé la profession juridique gabonaise dans un état de confusion.

Me Justin Taty, avocat bien connu, a réagi à cette situation complexe en soulignant que la désignation de Me Ntoutoume en tant que bâtonnier intérimaire, s’est déroulée lors d’une assemblée générale de certains Confrères (moins de 72) qu’il qualifie d’irrégulière.

Il explique : « Les avocats légalistes ont réagi en désignant un bâtonnier ad hoc de leur côté car la convocation de cette assemblée n’était pas conforme aux articles 54, 55 et 56 de la loi organisant la profession d’avocat, et le quorum des 2/3 n’a pas été atteint au cours de ce rassemblement du samedi dernier ».

La crise actuelle au Barreau national du Gabon a ses racines dans l’invalidation de l’élection de Me Raymond Obame Sima en tant que nouveau bâtonnier de l’Ordre des avocats, qui a eu lieu en janvier de cette année.

Me Jean Paul Moumbembé, l’un des doyens du Barreau du Gabon, avait saisi le Conseil d’État pour dénoncer des violations de la loi régissant l’exercice de la profession d’avocat au Gabon. Cette affaire a jeté les bases de la division au sein de l’Ordre des avocats.

Onze mois plus tard, cette division s’est intensifiée, avec deux bâtonniers prétendant chacun à la légitimité de leur position. Selon la loi, le Barreau national du Gabon ne peut avoir qu’un seul bâtonnier à sa tête, et la situation actuelle constitue une violation flagrante de cette règle.

La résolution de cette crise semble désormais reposer entre les mains du Conseil d’État du Gabon. Les belligérants devront se tourner vers cette instance pour espérer restaurer l’ordre et mettre un terme à cette guerre froide rassime au sein de cette profession juridique gabonaise.

Il est essentiel de noter que cette crise au Barreau du Gabon souligne l’importance de la conformité aux lois et règlements dans toutes les sphères de la société, y compris la profession juridique.

Une résolution rapide et équitable de cette situation est nécessaire pour rétablir la confiance au sein de la communauté juridique et pour garantir que les droits et les devoirs des avocats et de leurs clients soient préservés.

 

Justin Mbatchi

Crédit photo : leconfidentiel

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