Crise au Barreau du Gabon : Le Conseil d’État face à un dilemme

Dans le contexte brûlant de la crise au sein du Barreau national du Gabon, le Conseil d’État se retrouve dans une situation délicate, contraint de jongler entre des demandes contradictoires et des délais dépassés.
Initialement prévu pour se prononcer sur la crise au Barreau national du Gabon deux mois après sa saisine, le Conseil d’État a annoncé une audience entre les parties antagonistes pour vendredi prochain.
La haute juridiction a récemment reçu une demande de désistement d’instance des dossiers inscrits au rôle déposée par l’aile du Barreau du Gabon dite « légaliste ». Cette aile, représentée par Me Jean-Paul Moumbembé, a décidé de retirer sa requête déposée en juin dernier, invoquant le respect du Code de procédure civile et du Code des juridictions administratives.
Selon Me Moumbembé, il n’est plus opportun pour le Conseil d’État de se prononcer sur ces premières saisines, étant donné que le délai imparti pour statuer a été largement dépassé en raison des vacances judiciaires et de la grève du Syndicat national de la magistrature.
Cependant, l’aile légaliste maintient sa dernière requête introduite le 9 janvier dernier, visant à l’annulation de l’assemblée générale élective du 27 décembre 2023 et à la désignation d’un bâtonnier intérimaire par la haute juridiction.
Cette situation plonge le Conseil d’État dans un dilemme, devant concilier des demandes contradictoires et une gestion complexe des délais. Alors que les parties en conflit attendent une résolution rapide de la crise, le Conseil d’État est sous pression pour assurer un traitement équitable et efficace de cette affaire sensible.
Dans l’attente de l’audience de vendredi prochain, l’incertitude persiste quant à l’issue de cette crise qui agite le monde juridique gabonais.
Justin Mbatchi
Crédit photo : newslive