CNEPC : Un intérim controversé qui ravive les tensions?

Le Centre National de l’Examen du Permis de Conduire (CNEPC) se trouve aujourd’hui dans une situation délicate suite à la nomination de madame Valérie Shoshana ONDO comme directrice intérimaire. Une nomination qui soulève de nombreuses questions quant au respect des obligations d’un intérimaire et à la légitimité de son nouveau rôle.
Le cadre légal de l’intérim en question
L’intérim est censé être une fonction transitoire, permettant de gérer les affaires courantes en attendant la nomination d’un titulaire officiel. Un intérimaire ne doit pas :
• Modifier l’organisation existante, sauf directives explicites de l’autorité de tutelle.
• Introduire de nouvelles pratiques administratives qui n’ont pas été validées par la hiérarchie.
• S’engager dans des activités susceptibles de nuire à la réputation de l’institution.
Or, l’intérim de madame ONDO semble poser des problèmes sur ces trois aspects, selon des sources internes.
Un parcours marqué par la controverse
Madame ONDO, initialement simple agent, avait été promue Directrice Adjointe 2 en janvier 2018. Mais en 2019, dans l’ancien régime d’Ali Bongo et les réformes de gouvernance, le poste de Directeur Adjoint 2 a été supprimé, la ramenant ainsi à son statut d’origine de simple agent.
Cependant, profitant du fait que le poste de Directeur Adjoint 1 était vacant, madame ONDO aurait brandi une attestation émanant du secrétariat du conseil des ministres prétendant qu’elle occupait cette fonction. Ces documents « douteux » lui auraient permis de revendiquer un rôle qu’elle n’a jamais légalement obtenu.
Avec l’arrivée de la transition militaire, une procédure avait été lancée pour la replacer dans ses vraies fonctions, mais contre toute attente, une lettre du ministre des Transports l’a désignée pour assurer l’intérim, sans fondement légal clair.
Un retour aux pratiques opaques
La prise de fonction intérimaire de madame ONDO se serait accompagnée du retour des « anciens réseaux mafieux », éradiqués par le précédent directeur du centre. Le CNEPC, qui avait retrouvé de la crédibilité et une gestion plus rigoureuse des permis de conduire, semble à nouveau plongé dans des « pratiques douteuses » selon les sources internes.
Des engagements financiers non tenus, des tensions avec les usagers et un retour à des systèmes opaques menaceraient de compromettre l’intégrité du Centre. L’intérimaire, loin de stabiliser l’administration, en raviverait les dysfonctionnements.
Un appel à la vigilance présidentielle
Dans ce contexte, il est crucial que Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition, se saisisse de cette affaire. La gestion du CNEPC a un impact direct sur la valeur du permis de conduire gabonais, document essentiel pour les citoyens. Assurer la transparence et la probité du Centre est une priorité pour garantir que les ressources générées soient versées au Trésor public, et non détournées.
L’intérim doit être un outil de continuité et non de déstabilisation. La situation actuelle du CNEPC montre qu’une surveillance accrue des nominations et des pratiques administratives est nécessaire pour maintenir la confiance publique et assurer un service de qualité.
Justin Madoungou