Carrefour SNI : un déguerpissement sous le signe de la dignité retrouvée

Libreville, le 23 juin 2025. Dans un contexte national marqué par une volonté affirmée de refondation sociale et de restauration de l’autorité publique, les opérations de déguerpissement au Carrefour SNI s’inscrivent dans une démarche que les autorités qualifient de nécessaire, humaine et tournée vers l’avenir.
Loin de n’être qu’une action répressive, cette opération vise à répondre à une interrogation de fond : au nom de la dignité humaine, peut-on continuer à tolérer que des compatriotes vivent dans des conditions d’insalubrité extrême, exposés aux risques sanitaires, à l’insécurité et à l’indifférence généralisée ?
Le Carrefour SNI, devenu au fil des années un foyer de précarité au cœur même de la capitale, offrait une image douloureuse de l’abandon social. Laisser perdurer une telle situation, soulignent plusieurs responsables institutionnels, reviendrait à acter la démission de l’État et à s’accommoder de l’inacceptable. Ce serait, selon les mots d’un acteur engagé, « rendre complice l’État de la précarité des populations ».
En ce sens, le déguerpissement ne se veut pas un simple acte de suppression, mais bien une délivrance pour les familles concernées comme pour la collectivité. Il s’accompagne, d’après les autorités, d’un dispositif d’écoute, d’orientation et d’accompagnement social, dans l’optique de construire des alternatives viables et durables.
Dans le cadre de la dynamique impulsée par les institutions de la 5ᵉ République, ces opérations symbolisent une rupture avec le laisser-faire et traduisent une vision nouvelle de la gouvernance : celle d’un État responsable, qui refuse de fermer les yeux sur la misère, et qui agit pour rétablir l’ordre tout en réhabilitant la dignité.
Car au fond, il ne s’agit pas simplement de libérer un carrefour, mais de réaffirmer qu’aucun Gabonais ne doit être condamné à vivre dans la précarité. Ce combat-là, assurément, est aussi celui de la République.
Justin Mbatchi