Bruxelles : l’Afrique affirme sa voix et sa vision

 Bruxelles : l’Afrique affirme sa voix et sa vision

Bruxelles, 27 mars 2025. Au cœur de Bruxelles, loin des images souvent figées de rapports Nord-Sud, une parole africaine forte et inspirée a résonné pendant deux jours. C’était lors de la 3e édition du sommet Africa Political Outlook, un rendez-vous qui s’impose peu à peu comme l’un des rares espaces où l’Afrique ne vient pas quémander, mais poser des jalons pour une gouvernance mondiale plus juste.

« Nouveau Sud, Vieux Monde », c’est le thème choisi pour ce sommet, et il résonne comme un manifeste. Oui, le monde bouge, et l’Afrique n’est plus à la traîne : elle prend le devant de la scène, non par fierté aveugle, mais avec des propositions concrètes, des visions claires, et une exigence de respect.

Dans son discours d’ouverture, Moses Vilakati, représentant de la Commission de l’Union africaine, a planté le décor : « L’Afrique ne se contente pas de s’adapter aux transformations mondiales ; elle les façonne. » Un message limpide, comme une promesse à celles et ceux qui croient en la force du continent.

Ce sommet n’était pas qu’un exercice diplomatique. Il a mis sur la table les maux persistants de la planète : inégalités, crises alimentaires, transition énergétique, injustice financière. Dr. Rania Al-Mashat, ministre égyptienne, n’a pas mâché ses mots : les pays du Sud, pourtant majoritaires au FMI, n’ont que peu de poids réel. « Ce déséquilibre n’est pas une abstraction », a-t-elle lancé, appelant à passer des mots aux actes.

L’événement a aussi mis en lumière des visages et des idées tournées vers l’avenir : un « Grand Bond Vert » pour une Afrique souveraine sur le plan agricole, énergétique et industriel. Des voix comme celles de Samson Itodo, mobilisé pour l’usage de l’IA dans la gouvernance, ou de l’ambassadeur Bitenge Ndemo, qui appelle à accélérer l’innovation technologique sur le continent, nous rappellent que la révolution numérique ne se joue pas sans l’Afrique, elle se joue avec elle.

Et parce que toute avancée mérite d’être célébrée, trois figures ont été honorées pour leur contribution exceptionnelle au progrès africain. Parmi elles, Myriam Dossou d’Almeida, artisan du développement social au Togo, ou encore Jean-Yves Ollivier, acteur discret mais décisif dans la paix en Afrique.

Au sortir de ce sommet, une chose est claire : un cap a été franchi. L’Afrique ne veut plus être regardée avec condescendance ou méfiance. Elle tend la main, mais elle exige aussi qu’on l’écoute. Et si Bruxelles fut le théâtre de cette affirmation, le message, lui, est mondial. Le « Vieux Monde » devra désormais composer avec un « Nouveau Sud » debout, lucide, et résolument tourné vers l’avenir.

 

Justin Mbatchi 

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