Bourse au secondaire : le CTRI et les reliques du PDG

Alors que l’année scolaire 2023-2024 semblait bien débuter, elle risque désormais de connaître quelques perturbations, avec les manifestations des élèves qui contestent vertement les nouvelles conditions d’attribution de la bourse scolaire. Supprimée par Ali Bongo, rétablie par Oligui Nguema, cette bourse reprend les mêmes critères pourtant déjà contestés sous l’Ancien Régime en 2019.
Ceux qui avaient pensé à une rupture radicale entre le gouvernement de transition et l’Ancien Régime d’Ali Bongo, semblent s’éveiller de leur illusion, du moins sur la question de la bourse scolaire. Quoique rétablie par le Général Brice Clotaire Oligui Nguema en septembre dernier, la bourse scolaire aura constitué le premier test de contestation d’une mesure du CTRI, le comité pour la transition et la restauration des institutions.
À Libreville, à Franceville, à Moanda, à Koulamoutou, notamment, des élèves ont donné le ton de ces manifestations. Ce qui, par effet domino, pourrait contaminer toutes les autres localités. En cause, les critères d’attribution de bourse que le ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leqlec a fixé à 12 de moyenne sur 20 pour les élèves du collège, et 11 sur 20 pour ceux du lycée. Critères fabriqués illico presto pour minimiser davantage une enveloppe qui se chiffre déjà à 12 milliards de FCFA, alors que les textes prévoient une moyenne égale ou supérieure à 10/20 pour tous les élèves du secondaire.
Pourtant, en 2019, une mesure similaire sous Ali Bongo avait jeté des milliers d’élèves de terminale dans la rue pour contester les critères d’attribution des bourses d’études qui fixaient la moyenne à 12/20. Et voir le gouvernement de transition, censé marquer une rupture fondamentale dans la gouvernance publique, venir reproduire les mêmes erreurs, les mêmes fautes, on croirait que les reliques du parti démocratique gabonais sont si influençantes que même le CTRI ne s’y échappe pas.
Mais dans tous les cas, il faudra à Oligui Nguema de rectifier le tir de sa ministre de l’éducation, afin que la bourse scolaire profite au plus grand nombre dans un pays où le chômage et la pauvreté battent leur plein. Car c’est à lui seul que revient désormais le rôle d’arbitre, s’il veut donner un sens à cette bourse rétablie par lui-même.
Ndesali Komeni