Atelier sur le statut de l’artiste au Gabon : Regards sur la nouvelle Loi et ses enjeux

Le Collectif des Managers et Acteurs Culturels du Gabon (CMCG) a pris l’initiative d’organiser un atelier d’échange et de partage d’expériences sur le statut de l’artiste et de l’acteur culturel en République Gabonaise. Cette rencontre s’est tenue le vendredi 13 octobre 2023 au musée national de Libreville, réunissant des artistes, acteurs culturels et des professionnels des médias.
L’atelier avait pour thème « Loi sur le statut de l’artiste et de l’acteur culturel en République Gabonaise : forces et faiblesses. » Il a suscité un grand intérêt et a permis de discuter de la récente loi sur le statut de l’artiste et de l’acteur culturel, promulguée le 16 août 2023 sous le numéro de loi n°16/2023. Cette loi, résultat du travail de l’ancienne Assemblée nationale et de l’ancien Sénat, vise à établir un cadre juridique pour les artistes et acteurs culturels au Gabon.
Marcel Djabioh, artiste, auteur, compositeur, producteur et expert en droit d’auteur, Angèle Assélé, artiste, auteur, compositeur et directrice générale des arts et des industries culturelles au ministère de la Culture et des Arts, ainsi que Mombo Moore, juriste et spécialiste en droit de la propriété intellectuelle, ont animé cet atelier.
Les débats ont permis de mettre en lumière les défis auxquels sont confrontés les artistes gabonais, en particulier en ce qui concerne leur statut. Marcel Djabioh a rappelé que la question du statut de l’artiste au Gabon a longtemps été un sujet de préoccupation. Les artistes se battent depuis les années 1980 pour obtenir une reconnaissance légale et un statut qui leur permette de bénéficier de droits et avantages légaux.
L’analyse de la nouvelle loi a suscité des commentaires variés. Marcel Djabioh a expliqué en détail les articles qui composent le statut de l’artiste et de l’acteur culturel au Gabon, tout en soulignant certaines lacunes persistantes. Mombo Moore a relevé des incohérences et des lacunes dans la loi, notamment l’absence de certains articles, sans que les raisons de ces omissions ne soient précisées. Il a également fait remarquer l’absence d’obligations claires pour les artistes et acteurs culturels dans le document.
Un autre sujet de discussion important a été la carte professionnelle de l’artiste, qui, bien que n’offrant que peu de droits, demeure un élément essentiel de la reconnaissance du statut de l’artiste.
La question de savoir si la loi sur le statut de l’artiste et de l’acteur culturel en République Gabonaise devait être maintenue, compte tenu de la transition en cours au Gabon, a été soulevée. Certains artistes estiment que la loi est nécessaire, mais qu’elle nécessite des ajustements pour mieux refléter les besoins et les réalités des artistes gabonais.
Cet atelier a donc constitué une étape importante dans la discussion du statut des artistes et acteurs culturels au Gabon. Il a permis de mettre en lumière les enjeux liés à cette question et a ouvert la voie à une réflexion plus approfondie sur l’avenir des artistes et de la culture au Gabon.
R.B