Ali Bongo : un anniversaire dans l’indifférence

Qui l’eut cru ? Les 65 ans d’Ali Bongo sont sans doute l’anniversaire le plus silencieux et peut-être même le plus difficile qu’il ait jamais fêté. Diminué par la maladie, esseulé par l’incarcération de son épouse Sylvia et de son fils Noureddine, abandonné par les griots d’hier, l’ex-Chef de l’État gabonais qui vit reclus dans sa somptueuse villa depuis qu’il été renversé le 30 août dernier, mesure certainement le poids de la solitude lorsqu’on est plus aux affaires.
Mais où sont donc passés subitement les associations de soutien et autres mouvements des amis d’Ali Bongo ? Comment ont-ils pu se taire et disparaître sans rien demander, alors qu’il y a encore 5 mois en arrière, ils ne juraient que par lui, arborant “fièrement” tee-shirts et pancartes? Situation pour le moins inédite, pour la première fois, l’avalanche des “joyeux anniversaires” Monsieur le président de la République”, et de tous les messages laudatifs des ministres et autres affidés du régime déchu d’Ali Bongo qui inondaient les pages Facebook et les écrans de télévision publique n’a plus eu lieu cette année.
Peut-être ont-ils oublié la date du 9 février qu’ils connaissaient pourtant par cœur ? Faut-il la leur rappeler ? Fragilisé par la maladie, devenu tricard depuis sa mise sur la touche par l’armée qui l’a déposé le 30 août 2023, frappé de solitude par l’incarcération de son épouse Sylvia et de son fils Noureddine Bongo, lâché par les amis de circonstance d’hier qui ont pourtant joui toutes ces années de ses privilèges, Ali Bongo Ondimba a mesuré, certainement pour la première fois de sa vie, le degré de solitude d’un homme qui a perdu le pouvoir. Car ils ont été très rares ou alors très discrets, ses partisans (s’il en a encore) qui ont osé encore lui souhaiter, sans se cacher, un joyeux anniversaire à l’occasion de ses 65 le 9 février dernier.
Mais tout cela apparaît bien comme un service minimum, au regard de la déferlante des messages et autres motions de soutien qu’ils affichaient ostensiblement au temps chaud. Ali Bongo ayant perdu le pouvoir, ces derniers ne se contentent désormais que de courtiser le nouveau maître, Brice Clotaire Oligui Nguema pour espérer trouver une place à la mangeoire de la transition.
Désormais, c’est à sa gloire que ceux qui juraient fidélité à son prédécesseur vont danser et jurer la même fidélité. Ils vont tenter de faire la veille et quand viendra le jour de son anniversaire, c’est à lui qu’ils vont reproduire, comme un air de déjà vu, le même “kounabelisme” ambiant pour se faire remarquer, l’objectif étant d’espérer une nomination ou simplement d’être dans les bonnes grâces du CTRI comme nombreux le sont déjà et commencent à reproduire les mêmes réflexes, les mêmes pratiques.
Voilà la leçon que devraient retenir tous les tenants du pouvoir d’aujourd’hui. Car un anniversaire d’Ali Bongo dans l’indifférence et l’oubli, du jamais-vu ces 14 dernières années au Gabon.
Ndesali Komeni