Affaire Hervé Patrick Opianga : ses avocats français dénoncent un complot politico-judiciaire au Gabon

 Affaire Hervé Patrick Opianga : ses avocats français dénoncent un complot politico-judiciaire au Gabon

Dans une interview exclusive accordée à nos confrères de GMT et Dépêche 241, les avocats français Maîtres Marc et Julien Bensimhon, du cabinet Bensimhon & Associés, livrent une charge virulente contre la procédure engagée au Gabon à l’encontre de leur client, l’ancien ministre Hervé Patrick Opianga.

Accusé d’inceste dans son pays, actuellement en exil, l’homme politique a saisi la Commission Africaine des Droits de l’Homme pour dénoncer des « violations graves » de ses droits fondamentaux.

Un exil forcé après une opposition politique affirmée

Les avocats retracent un basculement survenu, selon eux, à la suite de la prise de position de leur client contre le référendum du 16 novembre 2022. Ce scrutin visait à accorder les pleins pouvoirs au président de transition Brice Clotaire Oligui Nguema. M. Opianga aurait alors « appelé le peuple à voter contre » ce qu’il considérait comme une atteinte à la démocratie.

Depuis cette prise de position, les avocats décrivent une répression brutale : perquisitions armées sans mandat à son domicile, destruction de ses entreprises, et enfin, ouverture d’une procédure judiciaire pour inceste. Or, affirment-ils, la supposée victime, sa fille, a catégoriquement nié les faits devant la police, le procureur et le juge d’instruction.

Des preuves versées et une requête appuyée à l’international

La défense dit avoir fourni à la Commission africaine plus de 65 pièces justificatives, dont des constats d’huissiers et des déclarations écrites. Ils dénoncent une procédure judiciaire engagée sans dépôt de plainte, sans éléments à charge, et sans enquête impartiale.

Ils réclament la condamnation de l’État gabonais pour violations des droits de l’homme, une juste réparation pour leur client et surtout, la garantie de son retour libre sur le territoire national, afin qu’il puisse retrouver ses droits civils, politiques et économiques.

Un test pour la justice gabonaise

La chambre d’accusation de Libreville est désormais au centre de toutes les attentions. Les avocats considèrent ce dossier comme « un test décisif pour l’indépendance de la justice gabonaise ». Ils affirment que si le droit n’est pas dit au Gabon, la procédure devant la Commission africaine se poursuivra sans relâche.

 

Justin Mbatchi 

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