Accident sur l’axe Agnizok–Meyo-Kyé : l’état de la route en question

Bitam, 1er juillet 2025. Un grave accident s’est produit ce jour sur l’axe routier Agnizok–Meyo-Kyé, dans le département du Ntem. Plusieurs blessés graves sont à déplorer, mais fort heureusement, aucun décès n’a été signalé, selon les premières informations recueillies auprès des témoins sur place.
Cet énième drame relance les inquiétudes récurrentes des populations locales sur l’état de dégradation avancée de cette route pourtant stratégique pour le désenclavement de la région. À chaque saison des pluies, la chaussée devient pratiquement impraticable, rendant la circulation extrêmement dangereuse. Les véhicules s’y aventurent de plus en plus rarement, au point que certains villages restent isolés pendant plusieurs jours, voire des semaines.
Un habitant de la zone confie avec amertume : « Si tu tombes malade la nuit, on commence déjà à creuser ton caveau… », une formule aussi crue qu’éloquente qui traduit la détresse des populations confrontées à l’impossibilité d’accéder rapidement aux soins d’urgence.
Les appels à la réhabilitation de cet axe ne datent pas d’hier. Plusieurs voix de la société civile et des élus locaux ont déjà tiré la sonnette d’alarme, soulignant les pertes humaines et économiques engendrées par ce manque d’infrastructures de base. Les autorités sont appelées à réagir de manière urgente et structurelle, pour que la mobilité et la sécurité routière ne soient plus un luxe, mais un droit garanti à tous les citoyens, quelle que soit leur localisation.
À l’heure où le pays affiche son ambition de développement équilibré du territoire, ce tronçon apparaît comme un test concret de la volonté réelle d’inclure les zones rurales dans le progrès national.
Patricia Koumba