AGASA : À l’épreuve de la responsabilité publique et de l’éthique managériale

 AGASA : À l’épreuve de la responsabilité publique et de l’éthique managériale

Alors que le Gabon s’engage avec détermination dans la Cinquième République sous le leadership du Président de la République chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, les attentes citoyennes à l’égard des institutions publiques n’ont jamais été aussi élevées. Dans ce contexte de refondation, les comportements des responsables administratifs sont observés avec acuité, notamment dans les secteurs sensibles comme la santé publique et la sécurité alimentaire.

L’Agence Gabonaise pour la Sécurité Alimentaire (AGASA), créée pour garantir aux populations une alimentation saine, sécurisée et conforme aux normes en vigueur, traverse aujourd’hui une zone de turbulences institutionnelles. Au cœur de la controverse : la gestion interne de l’agence, notamment les décisions prises récemment par son Directeur Général, Jean Delor Biyoghe Bi Ntougou.

Selon plusieurs sources concordantes, ce dernier aurait désavoué publiquement l’action de son Directeur Général Adjoint, saluée pourtant par de nombreux acteurs de la société civile pour sa pertinence et son impact immédiat sur la santé des populations. Cette action consistait à fermer des sites de production d’eau en sachet jugés non conformes, une mesure préventive saluée dans un contexte où la qualité de l’eau consommée demeure une préoccupation majeure.

Le rétropédalage rapide du Directeur Général, qui aurait ordonné la réouverture sans condition de ces sites, interroge sur la ligne directrice actuelle de l’AGASA. Entre le respect du formalisme administratif et l’impératif de protection des vies humaines, l’agence semble vaciller.

Cette situation met en lumière un enjeu fondamental de gouvernance : la conciliation entre autorité hiérarchique, initiative de terrain et devoir d’alerte au sein des institutions publiques. L’administration moderne ne peut se construire durablement sans encourager une culture de responsabilité partagée, fondée sur l’intérêt général, surtout lorsque la santé des populations est en jeu.

Par ailleurs, la crise actuelle au sein de l’AGASA met en évidence une forme d’incompréhension, voire de méfiance, entre la vision stratégique du management central et l’action opérationnelle de proximité. Ce clivage, s’il n’est pas résolu avec intelligence et transparence, risque d’entraver l’efficacité même de l’agence.

À l’heure où les autorités gouvernementales appellent à l’exemplarité, à la probité et au service du peuple, il devient nécessaire que les institutions comme l’AGASA retrouvent une gouvernance alignée sur ces principes, en redonnant du sens à leur mission première : servir les Gabonaises et les Gabonais.

Les appels de la société civile et de certains agents de terrain à une clarification de cette situation doivent être entendus. Non dans une logique de chasse aux sorcières, mais dans une volonté de renforcer les mécanismes de transparence, d’accountability et de justice administrative.

Il appartient désormais aux autorités compétentes d’évaluer objectivement les faits, d’entendre toutes les parties prenantes et de veiller à ce que l’AGASA reste un levier stratégique de la sécurité alimentaire nationale. Le peuple gabonais, fort de ses attentes, espère des réponses à la hauteur des défis de la République en reconstruction.

 

Justin Mbatchi 

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