Clôture du FILIGA 2025 : le Dr. Annie Flore Assenguet Yogoulou Joly plaide pour la culture, la langue et l’éducation

Libreville, Musée national des arts, rites et traditions du Gabon. 30 mai 2025. Le rideau est tombé sur la quatrième édition du Festival international du livre gabonais et des arts (FILIGA), avec une cérémonie de clôture marquée par une grande solennité et une intensité émotionnelle certaine. Parmi les personnalités honorées, Dr. Annie Flore Assenguet Yogoulou Joly, et présidente du groupe international GOBONI et ministre plénipotentiaire et experte des questions d’égalité femme-homme, a livré une déclaration forte, à la croisée des enjeux culturels, linguistiques et éducatifs.
Une reconnaissance reçue avec humilité
Récompensée par un prix d’honneur, la ministre plénipotentiaire a exprimé sa profonde gratitude :
« C’est un privilège d’avoir été honorée de la sorte. Je ne m’y attendais pas. Je rends grâce à Dieu et remercie toutes les personnes qui ont contribué à cette nomination. »
Ses mots ont résonné avec humilité et sincérité, traduisant une posture de service et un engagement au-delà des distinctions.
Le livre, pilier de la société et levier d’émancipation
Présente pour la première fois à cet événement, Dr. Assenguet Yogoulou Joly a souligné l’importance du FILIGA en tant qu’espace de valorisation des savoirs, des recherches et de la culture. Elle a rappelé le rôle central du livre dans le développement personnel et collectif :
« Le livre est un pont important dans une société. Il permet d’accéder à la connaissance, d’acquérir des compétences et de promouvoir la formation. »
À l’heure où les défis liés à l’éducation, à l’autonomisation et à la transmission s’intensifient, elle a appelé à renforcer les politiques publiques de soutien à la lecture, à l’écriture et à l’édition.
Langues maternelles : un enjeu culturel et citoyen
L’un des axes majeurs de son intervention a porté sur la nécessité de défendre et de promouvoir les langues maternelles comme fondement de l’identité culturelle et de la citoyenneté active :
« Comment prôner une culture quand on ne maîtrise pas la langue qui la véhicule ? »
En tant que membre actif du Groupe International GOBONI, elle a rappelé les actions menées pour traduire des textes fondamentaux, notamment relatifs aux droits humains, dans les langues locales, afin d’en démocratiser l’accès :
« Connaître ses droits, dans sa propre langue, c’est poser les bases du respect de la dignité humaine. »
L’éducation commence au sein de la famille
La ministre a également insisté sur le rôle fondamental de la cellule familiale dans la construction du savoir et des valeurs, au-delà des cadres institutionnels classiques :
« Tout se défait, se construit, tout se tisse au sein de la cellule familiale. Il est impératif d’y réintroduire l’apprentissage de nos langues. »
Elle a ainsi souligné que le droit à l’éducation ne saurait être dissocié du devoir de transmission culturelle, et a plaidé pour une approche holistique, ancrée dans les réalités sociétales.
Un appel à renforcer la portée du FILIGA
Confiant en la capacité des organisateurs à innover et à mobiliser, Dr. Assenguet Yogoulou Joly a formulé le vœu de voir le festival gagner encore en visibilité et en soutien institutionnel :
« Il serait souhaitable de promouvoir notre culture avec autant de cœur et de moyens que pour d’autres grands événements. »
Sa vision est claire : saisir l’opportunité offerte par le FILIGA pour mieux se faire connaître et amplifier la promotion des œuvres littéraires comme celle du Groupe International GOBONI. Cette plateforme initiée par le FILIGA est un levier stratégique de diffusion des savoirs, de promotion des langues, et de construction d’une société plus instruite, plus inclusive et plus consciente de ses droits.
Justin Mbatchi