Élections, sécurité et défis humanitaires en Afrique centrale : l’ONU appelle à une mobilisation collective

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Libreville, le 28 mars 2025 – Face à un parterre de journalistes réunis pour sa conférence de presse trimestrielle, Abdou Abarry, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique centrale et chef de l’UNOCA, a dressé un état des lieux des enjeux régionaux, en mettant l’accent sur la gouvernance électorale et les défis sécuritaires. Aux côtés de Luc G. Gnonlonfoun, Représentant résident du PNUD au Gabon, il a réaffirmé l’engagement des Nations Unies à accompagner les processus électoraux et à œuvrer pour la stabilité du continent.
Des élections sous haute surveillance
L’année 2025 s’annonce cruciale pour plusieurs pays d’Afrique centrale engagés dans des processus électoraux, notamment le Gabon, où la présidentielle du 12 avril constitue une étape décisive dans le retour à l’ordre constitutionnel. « Il est primordial que ce scrutin se déroule dans un climat de paix et de transparence », a insisté Abdou Abarry, soulignant la nécessité d’une mobilisation collective pour prévenir les tensions et les violences liées aux élections.
Les Nations Unies, à travers l’UNOCA et le PNUD, accompagnent ce processus en encourageant le dialogue et en luttant contre les menaces telles que la désinformation et les discours de haine. « La responsabilité incombe à tous les acteurs : gouvernement, candidats, société civile et médias », a ajouté le chef de l’UNOCA. Un atelier organisé à Lambaréné en mars dernier a d’ailleurs permis aux journalistes de toutes les provinces d’adopter une charte de bonne conduite en période électorale, une avancée majeure pour la profession et pour la démocratie.
Des défis sécuritaires persistants
Si la majorité des pays d’Afrique centrale connaissent une relative stabilité, la situation en République démocratique du Congo (RDC) reste préoccupante. L’ONU tire la sonnette d’alarme face aux violences qui ravagent l’est du pays et ont déjà déplacé plus de 450 000 personnes depuis octobre 2024. « Nous devons tout faire pour éviter une régionalisation du conflit », a martelé Abdou Abarry, appelant au respect de la souveraineté de la RDC et à une intensification des efforts diplomatiques dans le cadre des processus de Luanda et de Nairobi.
Le bassin du lac Tchad demeure également une zone sous tension, notamment en raison des attaques meurtrières du groupe Boko Haram. La récente attaque qui a coûté la vie à onze soldats camerounais rappelle l’urgence d’une coopération renforcée pour éradiquer la menace terroriste et instaurer une paix durable.
Un appel à la solidarité régionale
Au-delà des conflits, la crise humanitaire qui frappe l’Afrique centrale interpelle la communauté internationale. Le Tchad, confronté à l’afflux massif de réfugiés fuyant la guerre au Soudan, a besoin d’un soutien accru. Avec 1,5 million de réfugiés sur son territoire et un besoin de financement estimé à plus d’un milliard de dollars, la situation devient critique. Abdou Abarry a salué l’initiative de la CEEAC visant à créer un Fonds d’Assistance Humanitaire, tout en rappelant que les ressources disponibles restent insuffisantes pour répondre aux besoins croissants.
Dans ce contexte, l’ONU réitère son engagement à soutenir les pays de la région à travers des actions concrètes en matière de paix, de sécurité et de développement. « L’Afrique centrale ne peut se permettre de nouvelles crises. Il est impératif de privilégier le dialogue, la concertation et des solutions inclusives », a conclu le chef de l’UNOCA, appelant à une mobilisation collective face aux défis à venir.
L’avenir de la région dépendra de la capacité des États, des institutions et des citoyens à œuvrer ensemble pour la paix et la stabilité. À la veille de la campagne électorale au Gabon, le message est clair : la démocratie et la sécurité sont l’affaire de tous.
Justin Mbatchi