Affaire Opiangah : L’UDIS dénonce une dérive judiciaire et interpelle le Président de la Transition

L’Union pour la Démocratie et l’Intégration Sociale (UDIS) monte au créneau ce jour pour défendre son leader, Hervé Patrick Opiangah, qu’elle estime victime d’une cabale politique et judiciaire. À travers une déclaration officielle, le parti dénonce des « vices de procédure » et une instrumentalisation de la justice, posant ainsi une série de questions aux autorités, notamment au Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Une arrestation aux allures de règlement de comptes
Les faits remontent aux 20 et 21 novembre 2024. Selon l’UDIS, Hervé Patrick Opiangah a d’abord reçu une convocation de la Police judiciaire avant que son domicile ne soit perquisitionné, de nuit, par des agents encagoulés et lourdement armés, en l’absence d’un mandat. Une intervention jugée « disproportionnée » par le parti, qui s’interroge sur l’implication des services spéciaux de la Présidence de la République dans une affaire initialement présentée comme une simple question de mœurs.
L’opération ne s’est pas arrêtée là. L’UDIS dénonce la saisie de biens appartenant à son leader, notamment une importante somme d’argent et des objets de valeur, reversés au Trésor public sans justification claire. Cette situation aurait conduit M. Opiangah à s’exiler pour préserver son intégrité physique, alors que sa famille, elle, a subi de plein fouet les conséquences de cette affaire. Son frère aîné aurait été emprisonné et torturé, tandis que sa fille, Elisabeth Opiangah, considérée comme la supposée victime, aurait été placée en garde à vue pendant cinq jours.
Une justice sous influence ?
Outre la violence de l’arrestation, l’UDIS met en cause la légalité des poursuites engagées. Selon le parti, le Procureur de la République aurait annoncé l’existence d’une plainte datée du 14 novembre 2024, alors qu’aucun document ne figure dans le registre officiel des dépôts de plainte. Ce n’est que le 25 novembre, soit plusieurs jours après le début des événements, qu’une plainte aurait été déposée, ce qui, pour l’UDIS, invalide toute la procédure engagée contre son leader.
Autre point d’interrogation : la fermeture de la holding HPO & Associés, propriété de M. Opiangah. Le parti s’étonne que cette mesure ait été prise sans décision de justice et en l’absence de tout lien avéré entre l’affaire et les activités de l’entreprise. La présence de la Direction Générale des Services Spéciaux (DGSS) dans cette opération est également pointée du doigt, l’UDIS rappelant que cette force est normalement mobilisée pour des questions de sécurité nationale, et non pour des affaires judiciaires ordinaires.
L’UDIS interpelle le Chef de l’État
Face à ces faits, le parti s’interroge sur le rôle joué par les plus hautes autorités du pays. Le Président de la Transition a-t-il ordonné l’intervention de la DGSS ? Pourquoi les responsables de cette « bavure judiciaire » ne sont-ils pas inquiétés ? L’UDIS attend des réponses, d’autant plus que le Chef de l’État a été officiellement saisi le 30 janvier 2025.
Le parti rappelle également que cette affaire est devenue un enjeu majeur dans le contexte de l’élection présidentielle du 12 avril 2025. Alain Claude Bilie-By-Nze, candidat déclaré, a récemment affirmé que les charges retenues contre M. Opiangah n’avaient aucun fondement juridique, ce qui, pour l’UDIS, confirme la nature politique de l’affaire.
Dans un pays en transition, où la restauration de l’État de droit est affichée comme une priorité, l’UDIS estime que cette affaire constitue un test décisif pour les autorités. L’absence de réponse du Chef de l’État serait, selon le parti, une caution à une dérive judiciaire inquiétante. À quelques semaines de l’élection présidentielle, la pression s’accentue sur le pouvoir en place pour clarifier sa position et garantir une justice réellement indépendante.
Justin Mbatchi