Grève à la Comilog : l’entreprise appelle au dialogue pour préserver l’équilibre social et économique

 Grève à la Comilog : l’entreprise appelle au dialogue pour préserver l’équilibre social et économique

Moanda, 6 mars 2025 – Après deux mois de négociations, la Compagnie Minière de l’Ogooué (Comilog) fait face à une grève initiée par les partenaires sociaux à compter de ce jeudi 6 mars. Une situation que l’entreprise déplore, estimant que cette action unilatérale compromet les discussions en cours et pourrait fragiliser l’économie locale et nationale.

Un dialogue suspendu malgré les efforts de médiation

Depuis plusieurs semaines, la Comilog participe activement aux discussions sous l’égide du Ministère du Travail, avec pour objectif de trouver des solutions aux revendications des partenaires sociaux. Selon l’entreprise, des efforts significatifs ont été faits, notamment en matière de rémunération et d’amélioration des dispositifs sociaux. Toutefois, l’exigence syndicale d’une hausse des frais de personnel de plus de 12 milliards de FCFA (+28,9%) a été jugée insoutenable pour l’équilibre financier de la société.

Une étude du cabinet Mercer, réalisée en 2024, indique que les salaires des agents de la Comilog sont en moyenne 102,1 % supérieurs à ceux du marché gabonais, et que le salaire de base s’élève à 86,2 % de cette même référence. Malgré ces données, les propositions faites par l’entreprise ont été rejetées, laissant plusieurs points cruciaux en suspens.

Une crise qui pèse sur l’économie locale et nationale

La Comilog, acteur majeur de l’économie gabonaise et principale employeuse de la province du Haut-Ogooué, souligne les conséquences d’une grève prolongée. Chaque année, l’entreprise investit 7 milliards de FCFA dans le développement local, un engagement qui pourrait être compromis si l’arrêt de travail venait à durer.

Au niveau national, l’impact pourrait être encore plus lourd : avec une contribution annuelle estimée à 600 milliards de FCFA à l’économie du pays, la Comilog joue un rôle clé dans les finances publiques et la stabilité économique.

Un appel à la responsabilité et à la reprise des discussions

Face à cette impasse, l’entreprise appelle les partenaires sociaux à privilégier la voie du dialogue et à reprendre les discussions dans un cadre respectueux des engagements et des règles en vigueur. « La priorité est de trouver une issue qui tienne compte des attentes des employés tout en garantissant la pérennité de l’entreprise et son rôle dans l’économie nationale », insiste la direction.

Pour l’instant, l’issue de cette crise reste incertaine. La question qui demeure est de savoir si les deux parties sauront renouer le dialogue afin d’éviter une escalade aux conséquences économiques et sociales potentiellement lourdes.

 

Justin Mbatchi 

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