Justice : Le SYNAMAG dénonce une ingérence dans l’indépendance de la justice

 Justice : Le SYNAMAG dénonce une ingérence dans l’indépendance de la justice

Le torchon brûle entre le Syndicat National des Magistrats du Gabon (SYNAMAG) et le ministre de la Justice. Dans un communiqué daté du 11 janvier 2025, le syndicat s’insurge contre un blâme infligé par le Garde des Sceaux à une juge d’instruction du Tribunal de Première Instance de Libreville. Une sanction que le SYNAMAG juge non seulement illégale, mais aussi profondément contraire au principe sacré de l’indépendance de la justice.

Ce principe, pierre angulaire de l’État de droit, est pourtant clair. Il est consacré à la fois par la Constitution et par la loi n°040/2023 portant Statut des Magistrats. Cette dernière stipule que les juges doivent être protégés de toute pression ou intervention, quelle qu’en soit l’origine. En d’autres termes, le ministre de la Justice, chargé de garantir cette indépendance, ne peut pas se permettre de devenir celui qui l’ébranle.

Pour les magistrats, ce n’est pas seulement une question de procédure, mais une question de respect des institutions. « En matière disciplinaire, seul le Conseil Supérieur de la Magistrature a compétence pour sanctionner un magistrat », rappelle le SYNAMAG, citant les textes en vigueur. En agissant unilatéralement, le ministre aurait, selon eux, outrepassé ses pouvoirs et fragilisé davantage une institution judiciaire déjà en quête de crédibilité.

Dans son communiqué, le syndicat n’hésite pas à pointer du doigt ce qu’il considère comme un manque de discernement du ministre. « Ce comportement confirme les doutes sur sa capacité à relever le défi de la restauration des institutions judiciaires », peut-on lire. Un constat lourd de sens, qui appelle à une réflexion urgente sur la gestion de ce ministère clé.

Face à cette situation, le SYNAMAG ne compte pas en rester là. Une Assemblée Générale Extraordinaire est prévue ce lundi 13 janvier 2025 au palais de justice de Libreville, mais aussi dans les sections locales du syndicat. Ce rendez-vous sera l’occasion pour les magistrats de décider des actions à entreprendre pour défendre leur indépendance.

Au-delà des tensions internes, cette affaire pose une question essentielle : peut-on espérer une justice indépendante dans un contexte où le pouvoir exécutif semble franchir des lignes rouges ? Les jours à venir seront déterminants pour l’avenir des relations entre les magistrats et le ministère de la Justice. Une chose est sûre : le débat est loin d’être clos.

 

Justin Mbatchi 

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