Lettre ouverte du Secrétaire Général du Syndicat des Travailleurs des Industries Minières et Métallurgiques (STRIMM)

Face à une crise sociale qui menace la cohésion et l’avenir de la COMILOG, le Secrétaire Général du STRIMM, Joscelain LEBAMA, lance un appel urgent à la mobilisation collective. Dans cette lettre ouverte, il dénonce les pratiques managériales discriminatoires, l’érosion des compétences locales et l’inaction de la direction face aux attentes légitimes des travailleurs. À l’aube d’une Assemblée Générale décisive, il exhorte les salariés à se rassembler pour défendre leurs droits et l’avenir de l’industrie minière nationale. Gabon quotidien vous livre l’intégralité de ladite lettre.
Lettre ouverte du Secrétaire Général du Syndicat des Travailleurs des Industries Minières et Métallurgiques (STRIMM)
Urgence pour un sursaut collectif face à un climat social délétère et à la menace de déliquescence des compétences à la COMILOG.
Chers Camarades,
Alors que les travailleurs, conscients de l’agenda chargé du Président de la Transition, Président de la République, Chef de l’État, Son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, attendaient une réponse aux courriers adressés à la Présidence, la Direction Générale de la COMILOG a pris une décision insidieuse et hautement préjudiciable : la création d’un « Comité de Direction Gabonais ».
Il est important de relever que cette démarche, d’un caractère ouvertement ségrégationniste, ne répond à aucune norme éthique ou organisationnelle consacrant le fonctionnement de l’entreprise. Bien au contraire, elle menace gravement la cohésion interne et est de nature à institutionnaliser, voire exacerber une logique de clans au sein de l’entreprise. Cette logique, d’un temps révolu, loin de favoriser un dialogue social apaisé, constitue une atteinte directe à l’unité indispensable entre travailleurs gabonais et expatriés, qui ensemble, assurent la marche et la pérennité de la COMILOG.
C’est dans ce contexte délétère que les six secrétaires généraux des syndicats ont été convoqué le 25 novembre 2024 par la Direction Générale en présence dudit « Comité de Direction Gabonais » à une réunion censée relancer le dialogue social. Cinq des six secrétaires généraux ont répondu à l’appel pour discuter avec la Direction générale. Mais comment espérer un véritable dialogue dans un environnement miné par des pratiques managériales douteuses aux élans ségrégationistes qui injectent le vénin de la division et sapent les fondements même d’une collaboration saine et constructive entre les travailleurs ?
Sans surprise, malgré les attentes légitimes des travailleurs, les discussions qui se sont tenues durant trois jours au Radisson à Libreville avec les secrétaires généraux n’ont produit aucun résultat tangible, révélant une fois de plus, le mépris latent des préoccupations des salariés.
Face à cet échec, les travailleurs de COMILOG Owendo ont organisé une Assemblée Générale qui a été décidé d’arrêter les installations et d’entrer en grève, tandis qu’une nouvelle Assemblée Générale déterminante est prévue à Moanda le lundi 2 décembre 2024. Cette situation est le reflet d’une crise de confiance profonde à l’endroit de la Direction Générale, alimentée par des années de promesses non tenues et d’un dialogue de façade depuis le changement du mandataire social en 2019.
Chers Camarades,
Parallèlement à cette impasse sociale, la gestion des ressources humaines à la COMILOG accentue la marginalisation et la déliquescence des compétences nationales. En contradiction avec les orientations fermes données par le Président de la Transition, lors de son investiture, visant à prioriser l’emploi pour les nationaux, des cadres gabonais compétents sont évincés tour à tour au profit d’expatriés, souvent sans justification valable. Cette pratique affaiblit non seulement le tissu local de compétences, mais compromet également l’avenir de notre industrie minière et, par extension, celui de notre économie.
Le Gabon ne peut prospérer sur des bases fragilisées par la dévalorisation de ses cadres nationaux. Cette dévalorisation continue n’est pas seulement une menace vis-à-vis de l’avenir industriel de notre pays, c’est aussi une insulte à l’héritage de nos ancêtres.
Camarades travailleuses, Camarades travailleurs,
Sachez que tout ce qui se fait pour le travailleur sans le travailleur est contre le travailleur.
L’Assemblée Générale du 2 décembre 2024 doit être un moment de sursaut collectif et de dignité retrouvée. Unissons nos forces, pour faire entendre notre voix et exiger des changements structurels qui rétabliront non seulement nos droits, mais aussi affirmer notre juste et légitime place au sein du groupe ERAMET.
N’ayez pas peur !
Mobilisons-nous massivement et retrouvons-nous ce lundi 2 décembre 2024 pour notre Assemblée générale.
*Joscelain LEBAMA8*
*Secrétaire général du STRIMM*
La rédaction