Référendum constitutionnel 2024 : un appel au dialogue rejeté par Ulrick-Gail Bobouagno Lenga

À l’approche du référendum constitutionnel de 2024, les débats s’intensifient autour des enjeux de la réforme et des questions fondamentales de réconciliation et de justice au Gabon. Parmi les voix critiques, celle d’Ulrick-Gail Bobouagno Lenga se démarque par son appel sans détour à voter contre la proposition. Journaliste juridique et chroniqueur judiciaire, ancien candidat aux législatives dans le 1ᵉʳ arrondissement de Makokou, il s’insurge contre ce qu’il considère comme une impasse politique et sociale.
Dans une déclaration publique, Bobouagno Lenga met en lumière l’absence de justice transitionnelle, une revendication essentielle exprimée par de nombreux Gabonais lors du dialogue national inclusif. Selon lui, cette carence est un obstacle majeur à la coexistence pacifique, à la réconciliation nationale et à la cohésion sociale. « En l’absence d’une justice transitionnelle tant voulue par le peuple gabonais, il n’y a point de coexistence pacifique, de réconciliation et de cohésion sociale », déclare-t-il avec gravité.
Pour ce journaliste engagé, la réforme constitutionnelle en l’état actuel ne répond pas aux attentes des citoyens ni aux impératifs de justice. Son message est clair : un « NON » au référendum est un geste de protestation, mais aussi une invitation à repenser les fondements du vivre-ensemble au Gabon. Il appelle à une réflexion collective, à un véritable dialogue inclusif et à des mesures concrètes pour garantir l’équité et la justice.
Cette prise de position reflète une méfiance croissante envers les processus institutionnels qui, selon certains, risquent d’accentuer les fractures sociales plutôt que de les réparer. Alors que le gouvernement présente ce référendum comme une étape cruciale vers la modernisation du pays, des voix comme celle de Bobouagno Lenga rappellent que la stabilité durable ne peut se construire sans un règlement sincère des traumatismes du passé.
Le référendum de 2024 est désormais bien plus qu’une question de texte constitutionnel. Il cristallise les espoirs et les frustrations d’une nation en quête de justice et d’unité. La question reste de savoir si les urnes seront à la hauteur des attentes populaires.
Justin Mbatchi