PDG : La mission presqu’impossible du nouveau directoire

 PDG : La mission presqu’impossible du nouveau directoire

À défaut d’un congrès extraordinaire, le PDG, parti démocratique gabonais, vient d’organiser dans l’urgence, une réunion de crise qui a débouché sur la démission presque forcée d’Ali Bongo de la direction du parti. Pour faire face à cette période d’incertitudes, avec des suspicions, des accusations mutuelles et des démissions des militants qui, intérêts obligent, se tournent de plus en plus vers les militaires au pouvoir, le parti a mis en place un nouveau directoire. Mais pourra-t-on vraiment éviter l’implosion ?

Dans ce nouveau comité directoire, on retrouve Angélique Ngoma qui assure désormais l’emblématique fonction de secrétaire générale du PDG. Elle est assistée de trois adjoints, Denise Mekame’ne, Antoine Menie et Charles Otandault. À la présidence du parti, Deux anciens premiers ministres, Paul Biyoghe Mba et Alain-Claude Billie-By-Nze, eux sont respectivement premier et deuxième vice-président, suivis de Jeannot Kalima et Yves Fernand Manfoumbi, troisième et quatrième vice-président. Ainsi en a “décidé” la réunion d’urgence organisée jeudi à Libreville pour tenter de sauver le parti démocratique gabonais en pleine noyade depuis le renversement d’Ali Bongo par l’armée le 30 août 2023.

Une réunion qui aurait pris acte de la démission d’Ali Bongo de la direction du PDG. Mais selon certaines sources, l’ex-Chef d’État aurait purement et simplement été écarté, puisque sa mère, Josephine Nkama dit Patience Dabany a elle aussi été radiée sans autre forme de procès pour un motif qui n’a pas été communiqué. Une radiation qui ne sera pas sans conséquence puisqu’elle pourrait entraîner une vague de démission de nombreux militants. Surtout quand on connaît le rôle qu’a joué la première épouse d’Omar Bongo dans la mobilisation, notamment des femmes pour renforcer les rangs du parti créé par son mari en 1968 dans l’Ogooué-Lolo.

Avec son groupe Kounabeli qui avait des antennes à Libreville, Port-Gentil et Franceville, Patience Dabany a joué un rôle plus qu’essentiel dans la consolidation du parti démocratique gabonais qu’on a appelé jusqu’ici “parti de masses”. Cela à travers la mobilisation des femmes dans des groupes d’animation. Et c’est sans doute pour cela qu’a été mis en place un organe appelé l’UFPDG, l’union des femmes du parti démocratique gabonais qui est jusqu’ici l’un des piliers qui mobilise le plus au sein du PDG.

L’inévitable implosion

En choisissant de chasser sans ménagement Patience Dabany, une vieille femme sénile, et un acteur de tous les temps, le nouveau directoire du PDG prend donc le risque de se mettre à dos, une bonne partie des militants aussi bien à Libreville que dans son bastion du Haut-Ogooué, le fonctionnement du parti démocratique gabonais ayant été associé pendant ses 56 ans de règne à la famille des Bongo et tous leurs affidés. D’autant que la version d’un putsch interne à Ali Bongo enfle déjà, bien que certains affirment que l’intéressé aurait démissionné de son bon vouloir. Ce qui pourrait créditer l’idée d’une stratégie anti Bongo au sein du PDG.

Mais une telle stratégie, si elle se trouve, pourrait davantage enfoncer un parti déjà fragilisé par des suspicions, des accusations mutuelles, des démissions et des procès en opportunisme de ceux qui rallient les nouvelles autorités militaires. Dans ce contexte de confusion et d’incertitudes, le PDG n’étant plus un parti de gouvernement, et donc ne pouvant plus garder des militants en échange des nominations, la mission du nouveau comité directoire semble bien impossible. Ce qui fait craindre une implosion totale au prochain congrès qui s’annonce crucial. Car il sera le premier test de survie d’un parti qui jusqu’ici n’a existé que dans le pouvoir.

 

Ndesali Komeni

Crédit photo : gabon24

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