Le Parlement transitionnel bicaméral : À la recherche d’une élite éclairée

Dans le sillage de la transition politique au Gabon, une question cruciale se pose : qui devrait occuper les sièges du Parlement Transitionnel Bicaméral ? Alors que 95 partis politiques récépissés se sentent marginalisés par le pouvoir militaire en place, les chefs des deux chambres, Jean-François Ndongou et Paulette Missambo, ont plaidé en faveur de l’augmentation du nombre de députés et de sénateurs.
Cependant, la réponse à cette demande est un sonore NON ! Après des années de déceptions politiques et la complicité troublante des députés avec l’ancien régime, il est temps de repenser le rôle de la politique dans cette phase cruciale de la nation. Le Général Oligui Nguema, porteur des espoirs du peuple gabonais, devrait éviter d’augmenter le nombre de parlementaires.
Si une telle décision devait être prise, elle devrait profiter à la véritable opposition politique, à savoir Jean Ping et le Pr. Albert Ondo Ossa. Il est essentiel de rappeler que ce sont les militaires qui sont actuellement au pouvoir à Libreville, et ils doivent guider la transition en imposant de nouveaux visages au Parlement plutôt que de laisser les politiques déchus influencer la trajectoire du pays.
Le Parlement Transitionnel a pour mission d’adopter le plan d’action et la feuille de route de la Transition. Pour réussir cette entreprise, il a besoin d’experts issus de divers domaines, allant des politologues aux économistes, des spécialistes de la monnaie aux journalistes, et bien d’autres. Le Parlement doit être un creuset d’intelligence et de compétence, non un refuge pour des politiciens aux intérêts partisans.
Les militaires au pouvoir doivent comprendre que le succès de la transition dépendra de la qualité de l’élite qui la guidera, une élite imprégnée d’épistémologie plutôt que de politique politicienne. Leur objectif doit être la mise en place d’une nouvelle République, propre et fonctionnelle.
En fin de compte, la mission exige des hommes et des femmes de bonne moralité, animés par le patriotisme, issus de l’administration, de la société civile et de la diaspora. C’est ainsi que les militaires au pouvoir pourront conduire le Gabon vers un avenir prospère.
Justin Madoungou